Le leader du FLN, Ismael Nazir

Le leader du Front Libération National (FLN), Ismaël Nazir, estime que le budget qui sera présenté par le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, le 14 juin, fera la part belle au secteur privé. « Gouvernma pe rod donne ballon oxygen a sekter privé com ban exemption lor taxe. Li pe mene la population vers l’abattoir », a-t-il déclaré lors d’un point de presse vendredi, au Centre Marie Reine de la Paix, Port-Louis. Il a trouvé « intrigant » que peu avant le budget, la Banque de Maurice ait fait une levée de fonds, le 15 mars 2018, proposant au public d’acheter des bons du Trésor. « C’est une preuve que le coffre public est vide. Comme la roupie s’est dépréciée vis-à-vis du dollar, le gouvernement va faire croire que nous disposons de beaucoup d’argent pour ce budget ».

Sur le même sujet, le président du FLN, Amika Bhujun, a estimé que « notre balance commerciale est dans le rouge. Statistics Mauritius montre que le déficit sur notre compte courant s’aggrave ». Le FLN souhaite l’introduction d’une allocation au chômage et une réforme de la fonction publique.

Par ailleurs, Ismaël Nazir a commenté la mise sur pied d’une commission d’enquête sur l’affaire Gurib-Fakim, estimant qu’elle est « null and void ». Et de citer l’article 28 (3) de la Constitution qui indique que le chef de l’État doit résider au moins cinq ans à Maurice avant sa nomination comme président de la République. « Or le président par intérim, Barlen Vyapooree, était le haut-commissaire de Maurice en Afrique du Sud. Il a démissionné le 22 mars, il est rentré à Maurice le 27 mars, et a été nommé vice-président le lendemain. Il n’a passé que trois jours dans le pays ». Le président du FLN a, pour sa part, cité une clause de la Convention de Vienne et s’est demandé si selon les lois internationales, « an embassy is not the territory of the sending state but of the receiving state ». Et d’ajouter que « si c’est confi rmé, cela voudrait dire que le président de la République par intérim n’a pas résidé dans le pays pendant cinq ans et ne peut occuper ce poste ».