Le ministre des Technologies de l’Information et de la Communication, Tassarajen Pillay Chedumbrum, a déclaré que la démarche du gouvernement est de faire du secteur des TIC le moteur de la croissance économique dans le pays. « Nous sommes arrivés très loin dans cette démarche malgré la conjoncture économique difficile dans laquelle nous vivons depuis 2008 », a-t-il dit au Mauricien après avoir inauguré IST Africa 2014, une conférence internationale de trois jours à laquelle participent plus de 400 délégués venus de 42 pays.
« La croissance est passée de 4,8 % en 2009 à 7 % en 2013 dans le secteur des TIC. Notre souci, maintenant, est de développer davantage ce secteur grâce à la recherche et le développement », a dit le ministre. Le gouvernement, poursuit-il, a réalisé son souhait de faire de l’internet un droit pour tous les Mauriciens. « La pénétration internet est passée de 21 % à 49 % aujourd’hui alors qu’en Afrique elle est de 13 % seulement », a-t-il fait ressortir. Il a dit prévoir une meilleure qualité de l’accès à l’internet pour cette année dans le pays.
Selon le ministre, le gouvernement veut améliorer la vie des citoyens en introduisant la technologie dans leur vie. « Ce qui leur permettrait, outre de jouir d’un certain confort, de créer des emplois et non pas de devenir des demandeurs d’emploi », a-t-il déclaré. Il a estimé que les jeunes ne vont pas vouloir partir travailler à l’étranger grâce aux 600 entreprises qui opèrent dans le secteur des TIC et d’autres qui arrivent à Maurice.
Auparavant dans son discours, le ministre a soutenu que le secteur des TIC a, durant les dernières années, connu une croissance rapide et soutenue à Maurice où un nombre grandissant d’entreprises étrangères sont en train de s’installer aux côtés des 600 qui opèrent déjà. Si Maurice veut consolider sa position en tant que leader dans le domaine des TIC dans la région, si elle veut s’améliorer constamment et faire du secteur des TIC le principal pilier de son économie avec une croissance à deux chiffres à son Produit intérieur brut (PIB), elle doit tirer des leçons de ses erreurs passées, dit-il. « Cela ne peut se faire que si nous investissions dans la recherche et le développement », a-t-il souligné. M. Pillay Chedumbrum a indiqué que l’accent sur la recherche et le développement est délibéré. La connaissance, dit-il, offre des moyens puissants pour créer la richesse et améliorer ainsi la qualité de vie de la population. « Le progrès économique futur sera mené par l’innovation, l’invention et l’application des nouvelles technologies », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien (COI), Jean-Claude de l’Estrac, a parlé des niveaux de développement très différents entre les îles de l’océan Indien. « Malgré cela, dans une partie de Madagascar aujourd’hui, l’accès à l’internet est de très haut niveau comparé au continent africain, mais la diffusion est limitée et cela est dû à l’immensité du pays », a-t-il dit.
À une question du Mauricien, le secrétaire général de la COI a répondu que les populations sont aujourd’hui de plus en plus connectées. « La pénétration de la téléphonie mobile est en train d’exploser partout dans le monde. Cela ne suffit pas. La vraie question est : qu’est-ce qu’on échange, de quoi on parle et dans quel but ? Mais techniquement, numériquement, on est de mieux en mieux connecté et on le sera de plus en plus », a déclaré M. de l’Estrac.
Plus de 400 délégués venus des organisations publiques et privées et des secteurs de l’éducation et de la recherche de 42 pays se réunissent depuis mercredi matin, et ce jusqu’à demain, à Maurice pour discuter de la politique des TIC et des potentiels de développement international et de coopération en matière de recherches, d’innovation et d’entrepreneuriat dans les TIC pour soutenir le développement socio-économique durable à travers l’Afrique.