(FILES) In this file photo taken on June 5, 2019 a man smells a sample of Marijuana buds, often simply called weed or pot, which is the unprocessed form of the female cannabis plant, at the "Hemp Embassy" store in Milan, one of the first shops in Italy dedicated to cannabis. - The Italian Parliament adopted on the night between December 12, and December 13, 2019 an amendment, for the 2020 draft budget, legalizing the production and sale of light cannabis (- 0.5% THC) after months of uncertainty for farmers and storekeeper of this product. (Photo by Miguel MEDINA / AFP)

Le Parlement italien a adopté dans la nuit de jeudi à vendredi un amendement au projet de budget 2020 légalisant la production et la vente de cannabis light (- de 0,5% de THC) après des mois d’incertitude pour les agriculteurs et commerçants de ce produit.

L’amendement en question prévoit que ce cannabis pourra être vendu librement dans les bureaux de tabac et magasins spécialisés à partir du 1er janvier à la seule condition de ne pas contenir plus de 0,5% de THC, la principale substance active à effets psychotropes.

En mai 2018, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, chef de la Ligue, parti d’extrême droite, qui a adopté un discours conservateur sur les moeurs, avait lancé une croisade contre les magasins vendant du cannabis light en vertu d’une loi votée deux ans plus tôt, affirmant qu’il les fermerait les uns après les autres.

En mai dernier, la Cour de Cassation avait paru lui donner raison, affirmant que la vente ou la culture de cannabis étaient illégales. Mais la haute instance avait confié à l’appréciation de chaque juge, devant s’occuper de cas concrets, de vérifier « l’effet stupéfiant » de la substance détenue par la personne incriminée.

Outre ce pouvoir discrétionnaire donné aux juges, la Cour avait rappelé que le parlement pouvait intervenir dans ce domaine dans le respect des principes constitutionnels.

C’est chose faite désormais et les personnes travaillant dans ce secteur ont poussé un soupir de soulagement.

« C’est la fin d’un cauchemar. Après la chasse aux sorcières de Salvini, j’ai dû licencier 10 personnes et j’ai perdu 68% de mon chiffre d’affaires », a déclaré au journal La Stampa, Luca Fiorentino, fondateur de la société Cannabidiol Distribution.

M. Fiorentino assure qu’une étude de l’Université de New York a démontré que la vente légale de cannabis light avait permis de soustraire 200 millions d’euros à la criminalité organisée.

Le syndicat des agriculteurs Coldiretti a qualifié d' »opportun » ce geste du législateur italien, assurant que les terres cultivées avec du cannabis en Italie étaient passées de 400 hectares en 2013 à 4.000 hectares en 2018.

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