« La baisse du prix des produits pétroliers constitue une manne absolue pour Maurice », reconnaît le vice-Premier ministre et ministre des Services publics Ivan Collendavelloo dans un entretien accordé au Mauricien. Il précise que le CEB a réalisé des profits de Rs 1,7 milliard en 2014 et de Rs 2,6 milliards en 2015. De plus, le CEB dispose de liquidités estimées à Rs 3,8 milliards. Ivan Collendavelloo insiste sur la nécessité de ne pas gaspiller ces profits et refuse toute idée de baisse de 15% des tarifs, qui ne bénéficierait, selon lui, qu’aux grosses entreprises. Il insiste sur la nécessité d’investir cet argent dans des outils de production.
Votre ministère a organisé la semaine dernière un atelier de travail sur le secteur énergétique. Qu’est-ce qui sorti des discussions ?
Cela a été un atelier de travail à caractère consultatif extrêmement important. Plusieurs voix ont pu s’exprimer pour guider les consultants Maxwell Stamp PLC dans leur travail consistant à nous aider dans l’évolution de notre secteur d’énergie renouvelable jusqu’en 2030, en accord avec la vision 2030 telle que tracée par le Premier ministre. Je suis extrêmement optimiste car, au niveau de mon ministère, j’ai déjà tracé la ligne qu’il faut adopter dans ce secteur.
Un des principaux objectifs est de “booster” les énergies renouvelables en mettant trois ou quatre unités de 15 MW, qui fourniraient donc 45 à 50 MW d’électricité. Les opérateurs sont déjà sélectionnés et sont en voie de conclure leurs contrats pour commencer leurs travaux.
Nous ne nous sommes pas concentrés sur les gros producteurs. Il y a les petits, ceux qui viendront avec des moteurs de puissance 1 à 9 MW dans le domaine du solaire. Nous nous attendons à ce que nous ayons des gros investisseurs, mais également des petits, qui veulent se lancer dans l’aventure. Dans cette dernière catégorie, une place sera réservée aux sociétés coopératives, surtout celles des petits planteurs, à condition qu’elles remplissent les spécifications et qu’elles puissent nous garantir un prix acceptable et abordable. Ce sera effectué par appel d’offres. Il n’y aura pas de sélectionnés sur une base politique. Nous lançons aussi, et surtout, les “roof top”, c’est-à-dire les ménages qui auront, chez eux, leurs propres générateurs d’électricité à partir du solaire. Le problème est qu’il faudra leur fournir l’électricité d’appoint pour pallier les périodes nuageuses ou nocturnes. Pour cela, le CEB a mis au point un système permettant d’obtenir de l’électricité en établissant un relevé de comptes pour savoir, à la fin d’une certaine période, qui doit à qui. Nous ne nous intéressons pas seulement au domaine solaire, le “waste to energy” permettra aussi de faire de Maurice un pays beaucoup plus propre. Raj Dayal fait des efforts surhumains pour savoir ce qu’on doit faire de nos déchets.
À Madagascar, les déchets sont transformés en diesel et en électricité. Ce pays a pris de l’avance sur nous. Nous allons nous servir des déchets pour produire de l’électricité. Ce n’est pas tout : partenaire de l’agriculture, l’énergie solaire peut aider les petits planteurs à établir de l’agrisolaire. Je rends hommage à nos amis du collectif de l’énergie renouvelable, qui sont venus avec de très bonnes idées.