Le ministre de l’Énergie et des Services publics, Ivan Collendavelloo, récuse toute idée de black-out qui pourrait affecter le pays malgré la sonnette d’alarme tirée par l’opposition. « Cela fait dix ans qu’on entend Bérenger parler de black-out. Ce n’est plus d’actualité. Il faut prendre des précautions. Nous les avons prises et nous ne serons, je l’espère, plus sur le borderline. Nous serons positifs », estime-t-il dans un entretien accordé au Mauricien. Il annonce que les dispositions sont prises en vue de l’installation des combine cycle gas turbines utilisant le light diesel. Elles seront installées aux Grandes Salines. Il annonce que le recours au gaz liquide ou comprimé naturel fera l’objet d’une étude approfondie de la Banque mondiale. Une décision politique sera ensuite prise sur la base de cette étude. « Au cas où nous décidons de ne pas nous engager dans le GNL, nous continuerons avec le light diesel ».
Vous venez d’annoncer l’introduction d’un tarif préférentiel à l’intention des plus démunis, au nombre de 70 000. Avez-vous pris cette décision sous la pression de l’opposition ?
Je n’agis jamais sous pression mais j’écoute les avis des uns et des autres. L’opposition, rappelons-le, avait demandé une baisse générale des tarifs d’électricité suivant les profits que faisait le CEB. Ces profits étaient dus à la chute des cours du pétrole et du charbon. Je ne pouvais accepter cela parce qu’une baisse générale des tarifs aurait mis en péril l’économie. Par contre, lorsque Osman Mahomed a parlé d’une baisse ciblée je me suis dit que cela valait la peine d’être considéré. Je ne suis pas un dictateur et je ne crois pas être le nombril du monde. Lorsqu’il y a des gens qui amènent de bonnes idées je n’ai pas honte de dire que je m’en suis inspiré. C’est peut-être ce petit trait de caractère qui a été à la base de tout ce que j’ai pu faire dans ma carrière professionnelle ou politique : écouter avec humilité et ne pas croire qu’on connaît tout. Je croyais que le leader de l’opposition dans le cadre de sa PNQ allait présenter cette requête de ciblage. Il n’en a rien été. Il faut dire que c’est Alan Ganoo qui en avait parlé en premier lors d’une conférence de presse. J’ai tout de suite convoqué le General Manager du CEB et nous avons mis en place le tarif 110A qui était en vigueur à l’époque mais que le PTr avait tué et qui permet à certains consommateurs de payer 30 % de moins que les autres. Cela permettra d’alléger de budget de ceux qui en ont plus besoin.