Toute femme qui envisage un avortement fait face à une grande détresse car elle sait qu’elle va prendre une décision avec de grosses implications.
Une possible légalisation enlèverait les problèmes avec la police et la justice.
Des conditions médicales sécurisées dans les hôpitaux réduiraient les risques de santé.
Si avorter est toujours une épreuve traumatisante, tout ne s’arrête pas quand on s’est débarrassé du bébé. Après un avortement, la femme éprouve un sentiment de soulagement, et pense dans l’immédiat avoir solutionné un gros problème. Cet avortement ouvre en même temps la porte à un sentiment de culpabilité qui reste très lourd à porter.
Le syndrome post-avortement est bien réel : perte de l’estime de soi, perte de l’appétit, insomnies et cauchemars, état dépressif persistant. Les femmes sont d’autant plus réticentes à en parler que le traumatisme subi a été important. Les symptômes sont plus forts à chaque fois que la femme rencontre un événement qui évoque son avortement : nouvelle grossesse, amie enceinte, et surtout le jour-anniversaire de l’IVG ou de la date où l’enfant aurait dû naître.
Cette détresse est vécue dans le silence et la solitude. Des problèmes apparaissent avec le conjoint, avec les autres enfants et l’entourage. Quelque 50% des couples qui vivent une IVG se séparent dans un délai assez bref.
On prétend que cette culpabilité est d’origine religieuse. Mais cette position ne tient plus : pratiquement toutes celles qui ont subi une IVG éprouvent des troubles à des degrés divers, dans tous les pays du monde et dans toutes les cultures, qu’elles soient croyantes ou non.
D’après des études faites auprès de femmes huit semaines après leur avortement, 44% se plaignent de désordres nerveux, 36% constatent des troubles du sommeil, et 11% ont eu recours à une prescription de médicament psychotrope par leur médecin. Une étude rétrospective sur cinq années montre que 25% des femmes ayant avorté ont consulté un psychiatre, contre 3% en temps normal.
30 à 50% des femmes ayant avorté ont des problèmes sexuels de durée plus ou moins longue et de divers ordres : baisse du plaisir éprouvé, douleurs, aversion envers le partenaire, développement de conduites désordonnées, vagabondage sexuel.
En Finlande, le taux de suicide moyen annuel pour les femmes est de 11,3 pour 100 000. Pour les femmes ayant avorté, le taux monte à 34,7, tandis que pour les femmes ayant mené une grossesse à terme, le taux tombe à 5,9. On peut dire que le fait d’être enceinte, d’accepter l’enfant et de le mener à terme, malgré les problèmes rencontrés, vient moins bouleverser l’équilibre psychologique de la femme.
Heureusement qu’il y a maintenant divers parcours de guérison où les femmes se retrouvent pour parler ouvertement de leur avortement en vue de retrouver leur équilibre. Voici les noms de certains de ces parcours : Association AGAPA, La Vigne de Rachel, Le Souffle de Vie, Hopealive, afterabortion.org, qui s’avèrent être des lumières au bout d’un long tunnel que l’avortement a ouvert dans leur vie.
Une raison de plus pour que notre République de Maurice n’aille pas légaliser l’avortement, même dans des cas spécifiques.