Mike Rishworth (2e à droite) aux côtés de ses collaborateurs, face à la presse hier après-midi

On était prévenu. La saison hippique 2019 ne sera comme les autres. Avec un Mauritius Turf Club qui a choisi de faire peau neuve sous l’impulsion du tout premier CEO de son histoire, le Sud-Africain Mike Rishworth, une Gambling Regulatory Authority qui insiste pour garder la main sur certains épineux dossiers liés au mécanisme des courses au Champ de Mars, ou encore une première classique de la saison à polémique prévue dans deux jours, le monde hippique local retient son souffle, alors que le nouvel homme fort du club tranche dans le vif : « We are facing challenging times… »

Le tout premier point de presse de l’équipe dirigeante new-look du MTC, hier après-midi, aura été nourri de discussions. Mike Rishworth, l’interloculteur principal, défend bec et ongles sa nouvelle paroisse, alors qu’il n’est en fonction que depuis six semaines. « I can’t understand the MTC bashing. I just can’t understand how some people have a go at the MTC based on wrong information or non factual. Please guys don’t report fake news (?)… », aura laissé entendre en substance le Sud-Africain. « I’m more than happy to see the passion shown by the racegoers at Champ de Mars. This passion will ensure that racing in Mauritius continues to live on and be the goal of everyone. »

Parlant de la GRA, Rishworh regrette que cette instance joue aux abonnés absents, avec seulement une rencontre de 10 minutes avec le président de cette instance (Om Kumar Dabidin) et non le board. Le CEO dit ne pas comprendre l’attitude de l’autorité, à l’image du rejet, cette semaine même, d’une requête pour une journée à neuf courses samedi prochain. Il souligne par ailleurs que les nouvelles directives de la GRA pour l’exercice 2019 (13 au total et de nombreuses corrections), reçues seulement à 17h05 mardi (19 mars 2019), ne laissent au MTC qu’un temps très restreint pour agir et mettre en place tous les changements. Il estime néanmoins que « we do believe that racing is at a turning point. We know exactly from what we need and do our business as we want, we can create our own success. »

Le nouvel homme fort du MTC a parlé du betting illégal qui continue de faire un tort immense à l’industrie hippique, de l’off-course betting qui génère un quart des 40% des revenus provenant des bookmakers, d’où son incompréhension de la demande aux bookmakers off-course de retourner au Champ de Mars.

Au chapitre du dopage, plus que jamais d’actualité ces dernières semaines, le dossier Zilpaterol avance, fait ressortir Mike Rishworth. Un gros travail, dit-il, est déjà abattu du côté du MTC et il ne faut surtout pas faire l’amalgame entre « feed contamination and doping. » La reprise des travaux dans cette affaire est d’ailleurs prévue à 8h30 demain matin. Les cinq contrôles positifs sur les chevaux de Simon Jones demeurent « a very, very complicated case », avertit le CEO, lequel rappelle, dans la foulée, avoir déjà écrit cette semaine au commissaire de police sur ce problème.

La Duchesse, programmée pour samedi, continue de faire couler beaucoup d’encre. S’ils sont finalement huit au départ de cette course classique d’ouverture de saison — Gujadhur ayant préféré garder à l’écurie Black Cat Back et Summer Sky pour ne faire courir que le lowest rated (25) Play Another Tube —, la décision de dernière heure du MTC de changer le statut de cette épreuve à une open race a engendré un gros débat autour du rating. Rajkamal Taposeea, le président du MTC, partage l’avis du CEO. « Ce changement témoigne d’une volonté de rendre cette course plus attrayante pour le public, de même que pour les finances du club. That’s the spirit of the Duchess… »