De gauche à droite: le ministre des Sports et président du comité olympique nord-coréeen Kim Il-guk, le président du CIO Thomas Bach et le ministre des Sports sud-coréen Do Jong-hwan ont posé pour les photographes lors de leur arrivée au siège du CIO à Lausanne, le 20 janvier.

La Corée du Nord, qui avait boycotté les JO d’été de Séoul en 1988, défilera à Pyeongchang aux côtés de son voisin du Sud, pays hôte des prochains JO d’hiver, lors de la cérémonie d’ouverture, à la suite de longues discussions entre les deux Etats encore officiellement en guerre et d’un accord entériné le 20 janvier, à Lausanne. Au total, 22 sportifs nord-coréens participeront aux JO-2018, alignés dans trois sports (ski, hockey sur glace et patinage), pour un total de cinq disciplines, avec en point d’orgue une équipe coréenne unie dans le tournoi dames de hockey sur glace.

Mesure spectaculaire mais pas inédite, les deux Corées défileront ensemble lors de la cérémonie d’ouverture, sous le drapeau représentant la péninsule réunifiée, comme ils l’avaient déjà fait aux JO-2000 à Sydney, 2004 à Athènes et 2006 à Turin. “Tous les Nord- Coréens seront hébergés au Village olympique”, a ajouté le CIO. La Corée du Nord, qui base son existence sur la dissuasion militaire et nucléaire, est loin de faire figure de puissance sportive avec uniquement deux médailles depuis sa première participation à des JO d’hiver, en 1964 à Innsbruck.

Mais après une année de fortes tensions dans la péninsule, exacerbées par les multiples tirs de missiles et essais nucléaires menés par le Nord, l’envoi de Nord-Coréens à des JO organisés par le voisin honni marque un moment rare de publicité diplomatique positive pour l’olympisme et un espoir de détente. “Les JO de Pyeongchang ouvrent peut-être la voie à un avenir plus souriant dans la péninsule coréenne”, a déclaré M. Bach, estimant que l’accord conclu samedi dans la capitale olympique marque “un moment historique à l’issue d’un long processus”.