Il y a la société. Il y a les rapports sociaux. Il y a le pacte social entre les membres de la société pour régir les rapports entre eux. Dans une République, ce pacte, c’est la Constitution et ses lois organiques. Mais c’est aussi les traditions, les tolérances (le respect de la liberté d’autrui), les libertés naturelles, les avancées de la civilisation, la culture de l’autre…
Il y a donc différentes règles et donc différentes formes de sanctions. Il y a des sanctions aussi, contre ceux qui nous privent de nos libertés. L’État peut être sanctionné. Le judiciaire peut être sanctionné. Nous nous attardons trop sur les sanctions du judiciaire, sur les sanctions de la famille, sur les sanctions de l’opinion publique, sur les sanctions du groupe ethnique… Il existe des sanctions qui méritent notre mépris.
Nous avons tous un objectif. Celui de vivre ensemble en respectant la liberté de la personne et les libertés et les droits individuels et collectifs.
Il existe cependant de multiples contradictions. Nos lois ne permettent pas la bigamie. Pourtant la pratique de la tolérance et le respect de la culture de l’autre permettent à des hommes d’avoir plusieurs femmes. Et pas l’inverse. Un homme n’est pas sanctionné et une femme l’est. Des milliers de Mauriciens se droguent. Il existe des drogues qui sont dangereuses, mais tolérées. Il y a des drogues qui ne sont pas aussi dangereuses et qui sont néanmoins interdites. Un drogué à l’alcool n’est ainsi pas sanctionné, alors qu’un drogué au cannabis l’est. Il existe des centaines de ces discriminations.
Qu’importe toutes ces contradictions, je maintiens quatre choses :
1) Ma lecture de la Constitution est que des sanctions contre les consommateurs de drogue sont anticonstitutionnelles. Cette position n’a jusqu’ici pas été testée en Cour. Elle le sera un jour.
2) Que quelqu’un consomme de la drogue, cela tombe dans le domaine de la liberté de la personne. L’État n’a aucun droit d’entrer dans le champ de la liberté de la personne.
3) Parmi les consommateurs de drogues (tolérées ou illicites), il existe des malades. Ce sont ceux qui ont développé des addictions aux drogues dures. On n’applique pas des sanctions pénales sur des malades.
4) Si on me dit qu’il existe une sanction pénale, ou autre, contre une liberté qui m’est chère, dans mon conscient et ma conscience d’homme libre, cette sanction est liberticide, et je la récuse, et je me battrai jusqu’au bout pour libérer ma liberté.
Mais ma liberté, je sais comment l’assumer. Je n’ai pas besoin que les lois changent. Mais pour les victimes, c’est-à-dire ceux qui n’arrivent pas à assumer leur liberté, je propose que la consommation de drogues soit totalement dépénalisée. Il n’y a pas que la consommation de drogue, il y a d’autres lois liberticides. Je ne suis pas un drogué. Donc je ne défends pas mes intérêts. Je suis un homme libre et je défends toutes les libertés.