« Je résistais à Dieu », aurait confié Jacques Désiré Laval en évoquant dans ses correspondances cet épisode de sa vie où jeune médecin pratiquant frais émoulu de La Sorbonne, il s’était abandonné aux mondanités après quelque déception personnelle. Si à Paris, où il avait passé cinq ans à étudier – il fut reçu docteur, avec une thèse sur le rhumatisme articulaire –, il avait continué à être un fervent catholique, de retour dans sa Normandie natale, il avait abandonné peu à peu la pratique religieuse. Populaire, élégant, recherchant le confort, et même le luxe, le jeune médecin était de toutes les réceptions mondaines et en donnait lui-même. Mais sa conscience n’était pas en paix. Résiste-t-on à l’appel de Dieu lorsque, comme lui, on a passé son adolescence auprès d’un oncle prêtre qui préparait quelques garçons à devenir séminaristes et que lui-même entra au séminaire trois ans plus tard ? Car même s’il ne s’y était pas plu et était vite rentré la maison, la foi et la conscience religieuse avaient déjà germé dans le coeur du jeune homme.