La fascination pour l’art a fait de cet enfant issu du moule bourgeois un rebelle qui n’a pas eu peur de questionner, de se remettre en question et de défier. Jacques de Maroussem, désormais la soixantaine, relate son parcours au cours d’une visite à la Case d’Eurêka à Moka. Un patrimoine d’une grande richesse culturelle, qui préserve en son sein un pan d’histoire, témoin de ce qui a forgé notre identité mauricienne.
Le propriétaire des lieux sort d’un sentier rocailleux caché par des fleurs rouges. Dans ses mocassins marron, il s’avance, en se courbant légèrement. “Excusez mon retard, dit-il d’un regard rieur, je lavais mon outil.” Jacques de Maroussem a les cheveux gris, avec des traces éparses de blanc et de noir, découlant des soixante ans atteints, il y a un peu plus d’un an. Portant un jean bleu et un vêtement beige qui se marie au teint de sa peau, l’homme prend place sur une chaise en rotin. Le café commandé, il croise les jambes et regarde les visiteurs à Eurêka.
L’environnement semble suspendu dans le temps. Le sol en pierre sous une véranda abrite des meubles en rotin blanc. L’air frais se faufile entre les feuillages pour ramener un parfum de verdure. À l’arrière, la rangée de montagnes imposante se dresse sous un ciel bleu et protège le cadre de bien de maux urbains. Pas un klaxon ne se fait entendre : Moka porte donc bien son titre de “village du silence”.