J’ai mal à la Syrie

Daniel Labonne

Interminable souffrance

A ma planète

Rongeant mes neurones

Jusqu’à la moelle de la conscience

Que l’on me crève les yeux

Afin d’effacer images de destruction

Eclaboussant mon quotidien

Du sang des innocents

Que l’on m’ampute les jambes

Gangrenées depuis ma dernière lâcheté

A ne point secourir survivants de Khabour

Que l’on m’ouvre les veines

Au scalpel des sacrifiés

Pour que mon sang alimente

Le fleuve de l’indifférence

Musique étouffée

Des bombes pondues du ciel

Par oiseaux fous

Au plumage hétéroclite

Minés par convoitise

Depuis ma dernière migraine

Que soient convoquées

Dieux de la trinité maudite

Pour qu’ils me tranchent la tète

Ultime soulagement

A mon agonie d’impuissant

Depuis que la raison

S’est évadée de mon cerveau

Dorénavant inutile

Que l’on offre à dévorer

Mon cœur encore palpitant

A mes nombreux ennemis

Enivrés de haine toute fraîche

Que revienne enfin

Le règne des divinités du sable

Qui engloutiront toute trace

De l’histoire saccagée

Ayant habité les cellules

De mon corps malade

20 février 2018. Quatre-Bornes. Ile Maurice