Offrir des prothèses fabriquées sur mesure aux personnes amputées d’un ou des deux membres inférieurs afin de les aider à retrouver leur mobilité. Tel est le but du Jaipur Foor Mauritius on-the-spot Limb Fitment Camp. Après une première édition très réussie en décembre et janvier derniers, une deuxième édition se déroule actuellement au centre récréatif de Pointe-aux-Sables où, à mardi, une soixantaine de personnes commencent à reprendre goût à la vie. L’initiative revient à la Global Rainbow Foundation (GRF), qui a fait venir une équipe de la BMVSS (Inde), la plus importante organisation au monde au service des handicapés. Une branche locale Jaipur Foot devrait voir le jour cette année et répondre en permanence aux demandes locales et régionales.
Au centre récréatif de Pointe-aux-Sables, une vingtaine de personnes en fauteuils roulants, accompagnées de leurs proches, attendent la fin d’un cycle de leur vie. Une attente qui dure depuis longtemps. Très longtemps même pour certains qui, depuis des années, ont dû subir une amputation, soit à la suite de complications liées à une maladie, soit en raison d’un accident. La plupart, toutefois, ont perdu leur mobilité à cause du diabète. Comme l’a rappelé le président de la GRF, Armoogum Parsuramen, au lancement de la deuxième édition du Jaipur Foot Camp, à Maurice, chaque année, 300 personnes sont amputées.
Pendant que certains attendent de se faire inscrire, d’autres se soumettent à un exercice de mesure par des techniciens indiens, qui procèderont ensuite à la fabrication de leur prothèse. Ceux-ci sont venus accompagnés de Prakash Sharma, manager de la BMVSS, qui compte 33 ans de carrière. Très discret et appliqué dans son travail, celui-ci met la main à la pâte. Il utilise des tubes en polyéthylène de haute densité, « de haute qualité », pour fabriquer des tiges à l’aide de son appareil. Développée en Inde, la technique permet aux bénéficiaires de marcher à nouveau et même de… courir.
« Aujourd’hui, dix personnes se verront fixer leur prothèse alors que 20 autres sont venues pour l’exercice de mesure. Dès cet exercice terminé, la prothèse est fabriquée et prête dans l’après-midi », indique Desyrani Rampertab, physiothérapeute et responsable du Jaipur Foot Camp. En un jour, une moyenne de cinq personnes peuvent ainsi bénéficier d’une prothèse. Notre interlocutrice explique : « Il ne s’agit pas simplement d’offrir une prothèse aux patients et puis de les laisser partir. On a prévu aussi une session de physiothérapie pour leur montrer comment maintenir leur équilibre, comment faire le premier pas. Ils sont initiés à une rééducation à la marche parce que certains n’ont pas marché depuis une dizaine d’années ou marchaient avec seulement un pied. Il y a donc toute une réadaptation à faire. » Une thérapie occupationnelle leur est en sus prodiguée en vue de les aider à reprendre leurs activités quotidiennes.