Dans Bord la Mer, Jano Couacaud avait immortalisé le dur labeur des dockers qui, avant le Bulk Sugar Terminal, chargeaient des balles de sucre dans les cales des navires. La série de photos donne à voir une période révolue à travers le prisme d’une effervescence portuaire; un pan du développement économique du pays. Après le sucre transporté à dos d’homme, le photographe réédite une autre facette du devoir de mémoire avec Île Maurice, L’Âge de pierre. Un beau livre de 230 pages et comprenant 220 photos axées sur la pierre.
Images méconnues.
Celle des champs de cannes empilée en pyramide, érigée en église ou ajustée en cheminée d’usine à sucre ou en minoterie. Jano Couacaud donne à voir des images méconnues du patrimoine : des clichés d’un vieux cimetière breton et des compositions dans lesquelles la puissance des vagues rivalise avec le silence des pierres tombales. Ce sont aussi des constructions menacées que le photographe répertorie.
Voyage au coeur de la pierre patrie qui est la nôtre. Les photographies sont accompagnées de légendes instructives pour qui découvre le pays sous un angle inédit. On apprend ainsi que le “Government Orphan Asylum à Pamplemousses a ouvert ses portes en 1859. Cet orphelinat avait pour rôle de fournir un abri et d’assurer l’éducation des orphelins afin qu’ils soient utiles à la communauté”.
Maçons.
Jano Couacaud nous emmène aussi du côté de l’Hôpital militaire, à proximité de l’Aapravasi Ghat. Cet ancien hôpital est un des plus anciens bâtiments de l’île Maurice et devrait abriter la galerie d’art nationale. L’ouvrage apprend qu’“entre 1736 et 1740, quarante esclaves mozambicains, malgaches et quelques esclaves de l’Afrique de l’Ouest appartenant à la Compagnie Française des Indes Orientales ont érigé l’hôpital militaire. Une douzaine de maçons de pierre indiens et de charpentiers de Pondichéry et de Karikal ont également contribué à bâtir cette structure de pierre”.
Pierre qui compose le château jadis appelé Llewellyn Castle et qui appartenait au colonel John Augustus Lloyd. Il y a reçu des personnages aussi célèbres que Charles Darwin. Par ailleurs, Le Thabor ainsi que l’église de Cassis prennent une autre proportion dans l’objectif du photographe.
Jano Couacaud a travaillé à ce projet durant quatre ans. Pour nous offrir un ouvrage qui donne à effleurer le pays à travers la pierre. À goûter des lieux méconnus comme le Pont la Chaîne à Notre Dame…