Depuis la fermeture du Foyer Namasté en avril, une cinquantaine d’employés de cette institution se retrouvent sans emploi. Déplorant le laxisme des autorités concernées, une douzaine de femmes ont enclenché une grève de la faim au Jardin de la Compagnie à Port-Louis pour réclamer la réouverture du foyer. Elles en sont à leur deuxième jour.
« Nou pa kapav pey le po kase, perdi nou travay akoz enn dimounn finn fote », soutient Joëlle Malabar, une des grévistes. Pour elle, la fermeture du Foyer Namasté équivaut à des licenciements injustifiés. Un point de vue partagé par ses collègues avec qui elle s’est engagée dans une grève de la faim depuis hier après-midi à Port-Louis. Consciente des risques d’une telle action, elle soutient « n’avoir aucune alternative ». Elle évoque une rencontre entre les éducatrices, membres du personnel du Foyer Namasté, Georges Ah-Yan, porte-parole et leader du Forum des Citoyens Libre (FCL) et Mireille Martin, ministre de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être familial. Cette réunion d’au moins 45 minutes, soutient Georges Ah-Yan, n’a rien donné. « Minis finn fer nou konpran ki santr pou ferme. Li pa finn ekout bann doleans bann madam-la », dit-il. Ces dernières refusent de porter le chapeau pour une faute dont elles ne sont pas responsables. « Bann dimounn responsab ki bizin peye, pa nou. Nou, nou finn travay dignement aster nou pena travay alors ki nou ena fami pou nouri », fulminent-elles. Une gréviste demande la réouverture du foyer et que les responsables soient suspendus en attendant la fin de l’enquête. Georges Ah-Yan, lui, déplore le manque de flexibilité de Mireille Martin. « Bien ki kondision de vi de 50 dimounn en jeu, Madam Martin pe dir ki li pa kapav fer marche arrière. Les femmes ont commencé cette grève de la faim le 1er mai pour alerter l’opinion publique sur ce scandale, un jour où tous les travailleurs du pays étaient en fête ». Les parlementaires du MMM Arianne Navarre-Marie, Françoise Labelle et Lysie Ribot ont rendu visite aux grévistes hier après-midi.