C’est ce matin, au Jardin de la Compagnie, que les rastas ont fait le Nyabinghi tout en brûlant du gandia dans un réchaud pour exprimer haut et fort leurs revendications à une reconnaissance de leur culture rasta. Vers 13h, ils ont déposé une lettre au Premier ministre et resteront sur place jusqu’à 17 h pour voir si ce dernier réagira à leurs doléances.
« La communauté rasta ne veut plus être laissée pour compte. » C’est ce que disaient en substance ce matin, au Jardin de la Compagnie, trois porte-parole, soit Wendy Ambroise, Florian Olivier et Regan Chutoo. Entourée d’autres rastas, Wendy Ambroise explique qu’une lettre a été déposée ce matin au bureau du Premier ministre pour solliciter une rencontre avec lui. Pour elle, « il est temps de mettre un frein à la discrimination » et aux préjugés. « Nous, les rastas, on nous traite kouma bann ki fim mas. On est brutalisé par les policiers à cause de cette herbe appelée cannabis, qui a été créée par le Très Haut pour guérir les hommes. Li azir kouma enn medsinn, li pa zis pou fime. D’ailleurs, même un des passages de la Bible dit : “This is as a good seed for mankind”. » Wendy Ambroise poursuit que si la Constitution de Maurice spécifie que tout Mauricien est un citoyen libre, il en va de même pour les rastas. « On a pris naissance en tant que rasta et on demande que nos enfants et nous soyons ainsi reconnus à l’État civil. C’est notre droit à la liberté. » Et de poursuivre : « On a le droit humain, en tant que rasta, d’utiliser le cannabis comme un sacrement religieux, de le brûler et de le laisser se consumer quand on fait nos prières, car cela fait partie inhérente de notre religion et de notre culture. Il faut aussi légaliser le gandia et pouvoir le consommer de la manière dont notre religion nous l’a inculqué. C’est notre droit ultime de demander qu’on légalise le gandia et nous souhaitons que les autorités écoutent nos doléances et réagissent au plus vite à notre demande. »