Ils ne savent plus à quel saint se vouer. Six des 39 employés d’entretien et du nettoyage du jardin SSR de Pamplemousses ont pris leur courage à deux mains pour dénoncer certaines pratiques douteuses de l’administration. Ils se retrouveront peut-être tous bientôt à la rue.
« Nou’nn fer boukou demars me personn pa pe ekout nou », scandent les six employées, pour la bonne majorité des femmes, des mères de famille qui gagnent la modique somme de Rs 200 à Rs 250 par jour. Employées par un contracteur du privé depuis une dizaine d’années pour certaines, elles vont bientôt se retrouver au chômage, comme leurs autres confrères.
Obligés d’acheter eux-mêmes leurs équipements de travail, tels gants ou bottes, non couverts par une assurance et surtout mal payés durant les jours fériés, les employés sont au bout du rouleau. « On est allé voir le bureau du travail de Pamplemousses à maintes reprises et on a même demandé un rendez-vous avec le Premier ministre, mais en vain. Qui avons-nous pour nous protéger et nous aider ? Nou bann ti-dimounn nou. »
Depuis le début de l’année, un exercice de recrutement, initié par l’administration du jardin de Pamplemousses, aurait débuté. « Nou finn apply nou ousi, mem si nou pena bel sertifika », nous affirme Premila. Cependant, pas un seul des 39 employés n’a été appelé pour l’entretien dans la semaine du 14 mai. Et ce, malgré les nombreuses années d’expérience de ces derniers dans le domaine. « Ou trouv sa bann gro-gro basin-la ? Nou mem nou netway sa. Pa enn zour nou pa travay ek asterla zot pe met nou deor san dir nou narye ! », déplorent-elles. Une forme de discrimination, selon elles. « Fode ou get bann dimounn ki bannla finn apele pou interview. Eski bannla pou kapav trap balie pou fer sa travay-la ? », s’interrogent ces dernières.
De plus, ces employés n’ont jamais reçu de contrat de leur employeur. Et si sur le nouveau formulaire de demande d’emploi permanent au sein de l’équipe de nettoyage du SSR l’on demande un niveau minimum requis, soit un certificat du CPE, elles affirment que plusieurs interviewés — « originaires de la circonscription 18», précisent-elles — détiennent le SC. «  Get sa madam-la, li li’nn aprann ziska Form III, kifer bannla pa’nn appel li ? », nous dit Nafisah.
Une situation frustrante pour ces 39 employés du jardin de Pamplemousses qui ne comprennent pas la démarche de l’administration. «  L’on souhaite, d’autre part, que notre contracteur nous donne enfin notre contrat pour que l’on sache réellement quelles sont nos conditions d’emploi. Comment peut-on expliquer, par exemple, que nous les femmes, nous gagnons Rs 250, alors que les hommes gagnent Rs 400 ? Nous faisons pourtant le même travail », fustigent les employées. Et d’ajouter qu’elles souhaiteraient aussi que l’administration revoie la liste des personnes susceptibles d’être embauchées et de considérer leur candidature. « Nou pe demann sa depi lontan. Nou kapav pa’nn al lekol boukou. Me ki travay nou pou kapav gagne apart sa ? » se demandent-elles.