Les 39 agents d’entretien remerciés par le Jardin de Pamplemousses lancent un appel de détresse au Premier ministre. La plupart d’entre eux sont des femmes, d’âge avancé, qui affirment ne pas être en mesure d’aller travailler ailleurs. Elles regrettent le fait que le trust gérant le jardin ait recruté d’autres personnes sur une base permanente, alors qu’elles ont passé entre 10 et 18 années à faire ce travail, dans des conditions très difficiles.
Officiellement, selon les autorités concernées, c’est la Square Deal Multipurpose Cooperative Society de Goodlands qui emploi ces 39 cleaners. Mais pour les principaux concernés, c’est bien la direction du jardin qui les a recrutés. « Quand nous avons pris de l’emploi ici, c’est l’ancien directeur qui nous a reçus et nous a confié nos responsabilités. Nous ne connaissions aucun contracteur. C’est par la suite que nous avons entendu parler de contracteur, et là aussi, il y en a eu plusieurs depuis ».
Mercredi, ces agents d’entretien ont reçu une lettre de la Square Deal Multipurpose Cooperative Society, les informant que le SSR Botanic Garden Trust avait mis un terme au contrat. Ils devaient être redéployés vers d’autres sites. Mais les 39 personnes concernées ne l’entendent pas de cette oreille. « Cela fait des années que nous travaillons ici, certains ont 10 ans de service, d’autres jusqu’à 17 ou 18 années. Nous avons fait beaucoup d’efforts pour garder ce jardin propre, en dépit des conditions difficiles. Et maintenant, quand il faut recruter des gens à plein-temps, ils choisissent d’en recruter d’autres. C’est maintenant qu’ils voient qu’on est trop vieux. Pendant tout ce temps que nous faisions ces travaux très durs, ils n’ont jamais pensé que nous étions âgés ? »
Ces cleaners, en majorité des femmes, disent avoir bien répondu à l’appel à candidatures quand elles ont appris que le jardin recrutait. Mais elles n’ont pas été retenues. « Nous avons entrepris de nombreuses démarches. Nous sommes allées voir le ministre du Travail, Soodesh Callichurn, mais rien n’a été fait. Nous sommes allées au ministère de l’Agriculture, dans l’espoir de rencontrer le ministre Mahen Seeruttun, mais une dame sur place nous a malmenées. Elle nous a dit de partir, que nous n’avions rien à faire ici ». C’est pour cela qu’elles préfèrent maintenant s’adresser au Premier ministre : « Pas ras nou bout dipin ! »
Biswantee Poorun, affectée au jardin depuis 18 ans, confie que sa tâche consistait à donner à manger aux animaux. « Nous sommes trois dames à faire ce travail. Auparavant, il y en avait six. Chaque jour, nous allons couper de l’herbe pour nourrir les cerfs, les tortues et les cabris. Même quand il y a un cyclone il faut venir travailler car les animaux doivent manger. Voilà notre récompense aujourd’hui ».
D’autres balaient le jardin et le débarrassent les ordures. D’autres encore nettoient les toilettes du jardin et du bureau. « Plis ki zom nou travay. Nou lapey fer Rs 5 000. Dimounn ki anplwaye par zardin gagn Rs 12 000 pou fer mem travay ki nou ». Quant aux quelques hommes de la bande, ils touchent Rs 8 000. « Pensez-vous qu’on puisse nourrir une famille et envoyer les enfants à l’école avec ce salaire ? » disent-ils.
Ces agents d’entretien sont déterminés : ils continueront à venir au jardin chaque jour, jusqu’à ce qu’une solution soit dégagée. « S’il le faut, nous allons tenir une grève de la faim sur place», préviennent-ils.