Les 2, 3 et 4 octobre, le village de Tamarin vivra l’un des événements les plus attendus de cette fin d’année. Il s’agit de The Bridge Eco-Arts Festival, qui allie l’art, l’écologie, la créativité et la musique. Jayeen Jhuboo, le directeur du festival, nous parle d’un rendez-vous majeur dans l’océan Indien, qui a pour mot d’ordre : l’edutainment (education & entertainment). The Bridge, qui va au-delà d’une simple initiative artistique et écologique, se veut un événement annuel, qui grandira dans le but d’apporter une aide à des causes que défendent le directeur du festival et la solide équipe qui le soutient.
 
 
Que pouvez-vous nous dire de cet événement, dont nous entendons beaucoup parler ces derniers jours ?
Il s’agit du plus grand festival d’arts et de musique que connaîtra l’océan Indien. Il se déroulera sur trois jours sur quatre sites : Riverland Sports Club, où il y aura trois scènes, deux payantes et une gratuite; le village de Tamarin où sera installée une scène gratuite; la Place Cap Tamarin, avec un Craft Market et une petite scène powered by solar, et une scène payante au Big Willy’s, qui sera revisité, agrandi et redécoré par The Bridge.
The Bridge Eco-Arts Festival, c’est beaucoup de musique (50 groupes mauriciens et étrangers, avec comme tête d’affiche le reggaeman européen Patrice), une palette d’arts (des expositions, du performing art – danse avec le groupe Omada, entre autres, du live painting, du street art). Il y aura aussi de l’acrobatie, des spectacles de cirque, un carnaval. Vous l’avez compris : The Bridge, c’est un programme bien chargé.
Le but de l’événement est de promouvoir l’art mais aussi l’écologie à Maurice. Pour aborder l’aspect écologique, nous passerons par l’éducation. Par exemple, nous partagerons nos connaissances en la matière, montrerons les énergies alternatives à travers des activités telles que la bicyclette cinéma, le jardinage en permaculture. Ces actions seront soutenues par la présence d’associations concernées, qui seront sur différents points du site pour sensibiliser, faire entrer l’écologie dans la tête et le coeur des membres du public.
Le mot d’ordre du festival sera l’edutainment. Nous souhaitons utiliser la musique et les arts comme médiums pour enseigner l’écologie et le respect des autres. Nous pensons faire du Bridge un événement annuel, qui grandira dans le but d’apporter une aide à des causes qui nous tiennent à coeur.
 
Pourquoi avez-vous choisi un concept qui allie plusieurs aspects, dont l’écologie, la créativité, l’art et la musique ?
Il faut savoir que le constat de la situation écologique à Maurice est catastrophique. Il est temps d’agir ! Notre volonté est d’enseigner et de faire découvrir l’écologie aux Mauriciens pour, qu’à leur tour, ils créent une réaction qui va dans le sens de la prise de conscience. En même temps, ce festival servira à aider et à redorer le blason des artistes. Leur donner une plate-forme de dimension internationale pour s’exprimer. En espérant que ce que nous faisons cette année – et ferons les années suivantes – servira à démocratiser l’art et l’écologie.
 
Le groupe Trimetys est connu pour ses actions liées au développement durable. Qu’est-ce qui vous a incité à mettre sur pied ce projet, qui ne s’arrête pas à une simple initiative artistique et écologique ?
L’idée est née d’un groupe d’amis qui donnent un coup de main immense dans la réalisation de festivals en général. Une fois réunis, nous avons souhaité travailler sur un projet qui aiderait à démocratiser l’art et l’écologie au sens large. En d’autres mots, continuer à faire ce que nous faisons déjà, mais cette fois en plus grand, en espérant toucher un maximum de gens. C’est ainsi que nous nous sommes lancés l’année dernière dans The Bridge. Nous avons frappé à la porte du groupe Trimetys, dont je suis l’un des directeurs, pour nous permettre de laisser exploser nos idées.
 
Quelles sont les implications financières et logistiques que demande un projet d’une telle envergure ?
Les implications sont énormes, voire colossales en termes de budget et de logistique. Les chiffres dépassent Rs 15 millions pour l’organisation de The Bridge. En termes de logistique, c’est énorme, avec les quatre sites à couvrir. Uniquement pour le Riverland Sports Club et ses trois scènes, c’est gigantesque. C’est le site qui demande le plus gros investissement en termes de matériel et de logistique. Nous avons heureusement des volontaires, dont des étudiants de plusieurs universités (Charles Telfair Institute, l’Université de Maurice, l’Université des Mascareignes, le Fashion & Design Institute), qui nous apportent une aide précieuse. Ils sont environ 300 à travailler sur le projet et à contribuer à sa réalisation, en nous faisant bénéficier de leur savoir-faire.
 
Vous vous êtes aussi entourés d’une solide équipe pour monter et réaliser The Bridge. À quoi devons-nous nous attendre, les 2, 3 et 4 octobre à Tamarin ?
Le public devra s’attendre à vivre l’expérience de l’année à travers ce festival de couleurs, d’arts, de musiques et d’écologie. Notre but est de transporter les festivaliers dans un univers féerique où le changement de mentalité va opérer. Avec l’équipe de The Bridge et les connaissances et les expériences de chacun, ce sera du très lourd. Ce sera aussi l’une des plus larges palettes de musiciens jamais programmés à Maurice. Nous venons avec un festival de niveau international. À La Réunion, il existe déjà ce type d’événement. En réalisant The Bridge, nous permettons à Maurice de rattraper le retard qu’il a accumulé durant des années. En proposant des scènes gratuites qui accueilleront également des têtes d’affiches, nous voulons partager cette expérience avec un maximum de Mauriciens.
 
En tant qu’initiateur de l’événement, quelles sont vos attentes ?
Les autres et moi espérons que The Bridge sera une expérience incroyable pour tous. Que le festival fera rêver et apportera de l’espoir dans le coeur des gens en leur montrant qu’il y a un avenir meilleur, un avenir plus vert, plus créatif et plus uni.