JEAN CLÉMENT CANGY

Je ne suis pas ce nègre qu’on méprise, qu’on insulte à tout va. Louanges contre commentaires racistes au sortir de la Coupe du Monde de football gagnée par la France.

Et ce, alors que l’ancien président des États-Unis, Barack Obama fait ressortir lors de la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela en Afrique du sud (et qui loue la diversité comme une valeur intrinsèque) : « Et c’est une vérité qui porte ses fruits de façon très pratique : puisqu’elle permet à une société de profiter de l’énergie et des qualités de tous ces gens-là. Regardez l’équipe de France qui vient de remporter la Coupe du monde. Tous ces garçons ne ressemblent pas, selon moi, à des Gaulois.

Mais ils sont Français, ils sont Français. » Non, je ne suis pas votre nègre qu’on méprise. Je ne suis pas ce nègre, cette personne d’ascendance africaine que certains Mauriciens traitent encore aujourd’hui de « zoulou ». Il y a des Mauriciens qui estiment avoir vu trop de « Zoulous » à Paris et en France. Mais connaissent-ils au moins la lutte des Zoulus en Afrique du Sud contre les colonisateurs anglais ? Connaissent-ils Shaka Zulu ? Il y a des « Zoulous », des Africains qui investissent aujourd’hui à Maurice. Pourtant, ils sont montrés du doigt ici et ailleurs comme des êtres inférieurs, paresseux, et qui ne pensent qu’à s’amuser.

Comme le faisait remarquer fort à propos cette dame : « En France les personnes d’ascendance africaine deviennent des champions du monde, à Maurice ils deviennent des sans domicile, expulsables, marginalisés, exclus à jamais comme des citoyens de deuxième grade, confinés à la grande pauvreté, à la misère. » Je ne suis pas ce nègre, ce Zoulou que l’on pointe du doigt à Maurice et que même des Mauriciens à ascendance africaine vilipendent parce que plus clairs de peau et qui portent cette obsession névrotique à la ville comme chez eux. Une pigmentocratie constatée et dénoncée par Mgr Amédée Nagapen dans son livre sur le marronnage à Maurice. Je ne suis pas votre nègre, votre Zoulou qu’on peut critiquer, mépriser à tout bout de champ, comme bon vous semble.

Je suis ce Nègre fier, ce Zoulou debout qui fait gagner ou qui est éboueur, célébré par Aimé Césaire et par Léopold Sédar Senghor. Je suis le « Mazambik Gran Nwar » d’Edouard Maunick.