Nous ne sommes pas Veena pour pardonner à l’ancien Premier ses frasques et ses écarts de conduite, ni la démesure d’un ego prétendument classieux. Ce peuple admirable n’aime pas beaucoup les comportements outrageants envers les bonnes moeurs (quel exemple pour la jeunesse, vou zot ?) Nous ne sommes pas Veena. C’est une rumeur qui enfle. Un bruit confus et sourd.
Avant que ne tombe le couperet d’une arrestation imminente s’est jouée une entrée en scène spectaculaire. Digne des vaudevilles les plus comiques. Pas de mari jaloux ni de femmes adultères dans la comédie qui nous intéresse. Le scénario privilégie une apparition fracassante, lors d’une assemblée où le mari lance un mea culpa public. Il “s’excuse” au lieu de prier humblement de bien vouloir accepter ses excuses. Il dit aussi sa chance d’avoir une madame qui a pardonné ses offenses, dont une erreur appelée Nandanee (toujours aussi classieux).
Veena a-t-elle réellement pardonné au noceur ? Not so sure ! Car c’est le premier concerné qui affirme cela, pas la principale intéressée ! Nous ne pouvons que croire en sa parole. Aussi pouvons-nous nous poser quelques questions sur le timing du mea culpa, intervenu juste avant les sérieux démêlés avec la justice. Serait-ce un ultime coup de com’ ?
Cette histoire de pardon et de non-sainteté n’aura pas manqué de raviver au bon souvenir de certains les rythmes qui faisaient fureur à Albion au milieu des années 90. Savez-vous danser la Macarena ? Beaucoup de tubes se sont succédé depuis. Et je veux croire que Veena a dû fermer les yeux sur bien d’autres frasques, mais cela ne nous regarde pas…
On pourrait néanmoins s’interroger sur la “démocratisation de l’économie” selon l’ancien Premier. Une conception toute personnelle qui a permis à certains “agents” de prendre l’ascenseur social. Nous ne reviendrons pas sur les menus détails de la marchande de légumes devenue femme d’affaires et gérante de café aéroportuaire. On aurait tant de choses à dire sur le népotisme ou la politique des potes, à qui les puissants du jour allouent des parts du gâteau national. Ceci est évidemment une autre histoire…
Nous ne sommes pas Veena pour savoir si elle a vraiment pardonné. Nous ne sommes pas Veena pour savoir tout ce qu’elle a pu endurer dans l’ombre du Lion. Nous ne sommes pas Veena… ni n’aurions-nous la force de supporter les aléas. Elle est en ce sens proche de bien des femmes qui subissent en silence un époux qui les a un jour aimées.
Et rien que pour cela, je voudrais solidairement pouvoir dire : Je suis Veena.