Le Commissaire des prisons (CP) Jean Bruneau est surtout satisfait que la première mesure de Réduction des risques (RdR), en l’occurrence le traitement à base de méthadone, « développe chez le détenu une approche beaucoup plus positive de la vie. Cela nous permet, à ce moment-là, vu que l’élément est plus stable, de démarrer avec lui une formation de longue haleine et qui s’inscrit dans la durée. » Ceci dit, ajoute-t-il, « même si Maurice est le premier pays d’Afrique à offrir des soins aux détenus toxicomanes, nous avons encore des choses à améliorer et à apprendre pour être encore plus performant ! »
Jean Bruneau relève que « déjà, après deux années de mise en opération du traitement à base de méthadone, nous avons des signes très probants et une atmosphère qui s’améliore positivement. Cela ne relève évidemment pas d’un miracle mais est dû à une multitude de petits soins qui sont dispensés à ces détenus, qui les amènent à développer une attitude et une approche beaucoup plus positive de la vie ».
Selon le Commissaire Bruneau, « avec l’introduction de la méthadone au sein des prisons, nous avons remarqué que le comportement des détenus a changé. Ils sont plus équilibrés, prônent la stabilité, la constance. » Notre interlocuteur rappelle que « la méthadone est un médicament qui agit comme un substitut sur l’organisme du toxicomane. Donc, il gomme les effets de “craving” causés par la prise de substances comme le Brown Sugar, et efface ces effets de manque. Le détenu retrouve alors une certaine sérénité dans son quotidien. Cela lui permet de vouloir s’inscrire dans un travail de longue haleine. »
À partir de là, poursuit Jean Bruneau, « nous, au sein de la prison, nous pouvons démarrer une formation de longue durée, inscrire le détenu dans une nouvelle logique d’apprentissage. Et c’est ainsi qu’en sortant de la prison, l’élément aura appris un métier ; trouvé un moyen de subsistance économique. C’est tout un travail sur l’humain qui se réalise ».
Dans le cadre de la conférence instiguée par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) qui a débuté lundi pour prendre fin hier à l’hôtel La Pirogue, explique M. Bruneau, beaucoup de délégués de divers pays africains participant à cette rencontre « ont été très surpris par l’expérience mauricienne. Ils l’ont trouvé très enrichissante et comptent, certainement, mettre à profit certains aspects dans leurs pays respectifs ».
« Nous n’avons pas tout le savoir-faire. Nous aussi nous avons à apprendre de leurs expériences et spécificités. D’où ce “road map” qui a été élaboré à l’issue de la conférence de cinq jours. C’est un document qui nous permettra certainement d’améliorer nos prestations et ainsi, de progresser, d’avancer dans ce domaine. »