3A The Excellence of Art à Rivière Noire se présente comme un lieu incontournable pour les amoureux et collectionneurs d’art contemporain.
Son propriétaire et directeur, Christian Mermoud, avoue sa passion de l’art contemporain et sa volonté d’investir dans ce domaine. Il a ouvert les portes de sa galerie à l’artiste Jean-Claude Baissac, dont les peintures et sculptures s’offrent à l’esprit, honnêtes et généreuses, enracinées dans la matière et dans la terre. Le nom de Baissac vient s’ajouter à ceux de Simon Back, Sarah Manoukian, Susy Tanji, Nikunja et Ariana Cziffra, qui constituent les artistes mauriciens montrés en permanence à 3A The Excellence of Art.
Jean-Claude Baissac expose, jusqu’au 14 avril, vingt peintures (grand format), et des sculptures en bronze, papier mâché et corail mort. Il dit au sujet de cette expo que sa griffe est là, mais qu’il « avance dans sa démarche ». De fait, Baissac a su garder l’essentiel : un vif intérêt à l’art rupestre africain – celui des caves liées à l’histoire des premiers Africains à Maurice. Une forme primaire de motifs dessinés et gravés sur les parois rocheuses. Les récentes peintures de Baissac avaient fait apparaître signes, mots et symboles mystérieux, émanant de sources disparates qui prennent forme sous divers moyens d’expression et techniques (pastel, acrylique, papier mâché) et qui s’organisent à travers des compositions désorganisées.
Aujourd’hui, Jean-Claude Baissac crée un monde où tout est magique, où chaque objet ou chaque personnage recèle la capacité de se métamorphoser. Cet artiste forge inlassablement des images. Son oeuvre est comme un dialogue ouvert. Sa peinture, en particulier, dépasse les genres, accouple abstraction et figurations, lignes et symboles. Ses peintures nous invitent à descendre en deçà des images évidentes pour aller au plus profond de l’architecture complexe des images. Au regardeur qui prendra le temps de voir, l’abstraction apparente de certaines toiles se mêle au tâches, à la matière, et bien plus souvent au mouvement des petits personnages ou animaux gesticulant dans un espace délimité. Parfois la poésie rencontre la peinture chez Jean-Claude Baissac : elle lui donne un charme, une épaisseur, une consistance au rapport mystérieux que l’on peut entretenir avec le monde. On pourrait voir des antinomies dans la peinture de Baissac, parfois des signes ou formes abstraites, d’autres fois, le mouvement, la force de la matière. Le peintre nous dévoile en réalité la dialectique qui fait de son image plus qu’une simple représentation.