Voilà une année que Jean Claude de l’Estrac occupe les fonctions de secrétaire générale de la Commission de l’océan Indien. Il est le premier Mauricien à occuper ce poste depuis la création de la COI en 1982 et la mise en place d’un secrétariat en 1989. Faisant le point sur cette première année en fonction, il se dit satisfait d’avoir doté l’organisation des nerfs dont elle avait besoin pour mieux répondre aux attentes grandissantes des pays membres. Pour lui, il n’y a pas d’intégration régionale sans l’amélioration de la connectivité aérienne et maritime entre les îles de l’Indianocéanie. Homme des médias, il estime que l’Indianocéanie n’existera que quand elle sera portée par la communication plus particulièrement par l’audiovisuel.
Jean Claude de l’Estrac, voilà bientôt une année que vous occupez la fonction de Secrétaire général de la Commission de l’océan Indien. Est-il possible de faire un premier bilan ?
Bien entendu ! J’ai toujours considéré que ce qui n’a pas été réalisé dans la première année d’une nouvelle direction ne le sera jamais. J’entends souvent dire que la première année d’un mandat est une période trop courte pour dresser un bilan significatif. Je crois, au contraire, qu’elle est structurante.
En en qui concerne la COI, je m’étais fixé pour cette première année deux objectifs principaux : le premier concerne le fonctionnement de l’organisation. J’estimais qu’elle manquait de nerf, qu’elle avait besoin de se renforcer pour mieux répondre aux attentes grandissantes des pays membres. C’est fait. Le Secrétariat général s’est restructuré, il s’est renforcé par l’apport de nouvelles compétences ; les responsabilités ont été redéfinies, de nouvelles règles instaurées, une plus grande mutualisation des ressources humaines mise en place. Je perçois la montée d’une dynamique d’équipe et un alignement progressif sur la vision commune proposée dans notre nouveau Plan de développement stratégique.
Le deuxième objectif — et c’est le plus important — est la redéfinition des priorités de l’organisation. Cela a été fait et le conseil des ministres de la COI a validé, en janvier dernier aux Seychelles, une nouvelle Feuille de Route. Elle intègre tous les projets historiques sur lesquels le Secrétariat général travaille depuis des années : la protection de l’environnement, la gestion des ressources halieutiques, la surveillance de l’espace marin, l’adaptation au changement climatique, la santé, entre autres. Mais cette feuille de route a aussi fixé de nouvelles priorités. Elles peuvent se résumer en un mot : la connectivité. Il est crucial de trouver les moyens d’améliorer la connectivité entre nos pays membres — connectivité maritime, aérienne, numérique, audiovisuelle. Faute de quoi, il faut arrêter de parler d’intégration régionale. Si je ne réussis pas, j’aurais raté mon mandat. Pour l’instant, on avance plutôt bien. Je me suis aussi fixé pour mission d’améliorer la visibilité des bénéfices des actions de la COI et obtenir des pays membres une plus grande implication dans la pérennisation des projets de la commission.