Dans un entretien accordé au Mauricien après la cérémonie de clôture, le président du Conseil international des Jeux (Cij), Jean-François Beaulieu, revient sur ce qui a le plus marqué ces 8e JIOI : le niveau de l’arbitrage.
Lors de votre allocution à la cérémonie de clôture, vous avez parlé de satisfaction du Cij…
D’abord, on doit exprimer sa satisfaction que les Jeux se sont déroulés comme prévu. Il est vrai que comme toute grosse organisation, une période de rodage est nécessaire. Petit à petit, les choses se sont mises en place, malgré les inconvénients qui ne sont pas nécessairement sous le contrôle de l’organisation. La vie au Village des Jeux, qui constitue le plus gros morceau de toute organisation, s’est finalement déroulée sans trop de pépins. Je parle bien sûr sur les faits qui m’ont été exprimés par les athlètes réunionnais. Sur le plan sportif, il est dommage que certaines fédérations internationales n’ont pas jugé utile de déléguer un de leurs représentants pour assurer la présidence de la Commission technique. Je crois que ces mêmes fédérations confondent les Jeux des îles aux Jeux Olympiques puisque nous n’avons pas les moyens de payer les indemnités qu’elles réclament. C’est dommage, car cette absence n’assure pas tout le temps une qualité au niveau de l’arbitrage. S’il y a une leçon à retenir de ces 8es JIOI, c’est l’importance de la délégation des pouvoirs dans une telle organisation. Eric Arnephy a bien fait son travail, mais seul il n’a pu tout faire.
Justement, la qualité de l’arbitrage durant ces JIOI a provoqué bien des grincements de dents…
Vous savez, la qualité de l’arbitrage dépend beaucoup des fédérations et des ligues de la zone. Les arbitres qui sont venus aux Seychelles ou qui seront présents dans quatre ans à La Réunion doivent être logiquement les meilleurs dans leurs disciplines respectives. Je reconnais que durant les Jeux il y a eu un problème à ce niveau. Je crois donc qu’il est temps que nos fédérations et nos ligues aient la volonté politique pour s’améliorer à ce niveau lors des compétitions, comme la Coupe de l’océan Indien.
Estimez-vous donc qu’il faudra que le Cij pense à la formation des juges et arbitres de la zone ?
Ce n’est pas réellement la mission du Cij. Cependant, je vous dirai qu’en basket-ball nous l’avons fait avant les Jeux avec tous les arbitres de la zone et je crois savoir que dans cette compétition, précisément, il y a eu moins de problèmes.
Dans quatre ans, les Jeux se dérouleront à La Réunion, d’où vous êtes originaire. Peut-on savoir comme se passe la mise en place pour 2015 ?
On commence tout juste à mettre les choses en place avec notamment l’État et le Département. En principe, les Jeux à La Réunion devraient se tenir dans de bonnes conditions, mais il demeure certain que des infrastructures sportives doivent être remises au goût du jour. Il y a aussi la grande question de décentraliser les Jeux afin de ne pas rester à Saint-Denis et dans les communes avoisinantes. Notre gros problème reste pour l’heure le Village des Jeux. Le CROS, qui avait abrité le Village en 1998, ne peut contenir que 800 à 1 000 personnes. Or, La Réunion pense à des JIOI pour 2 000 athlètes avec un  nombre supérieur de disciplines comparé aux Seychelles. Donc, nous sommes en train de voir ces questions.
Peut-on dire que La Réunion est déjà bien calée dans son organisation ?
Je ne sais pas encore, mais nous avons déjà un Monsieur Jeux des îles en la personne de Patrick Legros. Il est en train de voir toutes les questions de faisabilité de notre organisation.
Le Cij a tenu sa dernière réunion des 8es JIOI hier matin. Quand les affaires reprendront-elles ?
Le Cij a effectivement tenu sa dernière réunion hier matin. Nous avons surtout finalisé le Cahier des Charges pour l’organisation des Jeux de 2019 aux Maldives. Au 31 décembre, ce pays doit confirmer certaines informations de base, mais importantes. Ces informations seront étudiées par une sous-commission qui fera des propositions en février-mars 2012.