« Faire fermer la gueule aux hommes » à travers son spectacle, À nous les Femmes, c’est en ces termes que l’humoriste Jean-Marie Bigard, parrain de la 7e édition du Festival du Rire, a décrit hier au LUX* Morne son One-Woman-Show, qui aura lieu le samedi 7 mai au J & J Auditorium, à Phoenix. Il se transformera en femme en arborant une poitrine généreuse et une robe rouge provocante, mais ne prendra pas pour autant une voix de femme. « Je ne veux pas tomber dans le ridicule et le pitoyable. Ma voix, qui sera mienne, servira à prendre les hommes en flagrant délit de mensonge. »
Lors de la rencontre d’hier au LUX* Morne, Jean-Marie Bigard, en présence de Miselaine Duval, cheville ouvrière du Festival du Rire, se révèle un vrai moulin à paroles. Telle une cocotte-minute prête à exploser, l’artiste-humoriste dévoile, à la virgule près, tout son spectacle. Son verbiage pas toujours au goût des âmes pudibondes, l’humoriste se défend en disant que sa « grossièreté est enfantine ». À nous les Femmes, il le doit à un pote qui a fait un rêve : « Tu as fait tout ce qu’on peut faire en testostérone, est-ce que ton dixième spectacle sera un de plus, ou sera-t-il comme je l’ai rêvé, un gigantesque pardon aux femmes ? » À Maurice, Jean-Marie Bigard en est à sa sixième visite, incognito pour des vacances, avant que Miselaine ne l’approche pour lui proposer d’être le parrain de son Festival. 62 piges, 30 ans de carrière, Jean-Marie Bigard a l’étoffe d’un professionnel de la scène. Son humour corrosif, faisant voler en éclats les préjugés, il s’en moque tout en s’autorisant à chacune de ses vannes des libertés d’expressions comme il le dit « sans ambages ». Il ne se limite pas qu’aux envolées philosophiques, mais il a aussi recours à un langage de charretier à faire blêmir les bigotes. « On me reproche de faire dans du cul, mais c’est tout moi ». Jean-Marie Bigard, sous ses dehors de macho, se révèle un être émotif : « Je peux dire des gros mots, mais j’ai un grand coeur qui tâche comme le vin et les gens le voient. »