“J. O. I. E” épelle-t-il, en précisant : “comme la joie de vivre”. Aujourd’hui, Jean-Marie Joie prend le temps de vivre et trouve son bonheur en contemplant des scènes simples et pittoresques auxquelles il trouve des airs romantiques. C’est de cette manière que l’ancien parachutiste les reproduit sur toile.
Une trentaine d’années sur les fronts. Jean-Marie Joie a aujourd’hui déposé les fusils pour s’armer de pinceaux. L’ancien parachutiste et commando de l’armée belge exorcise les mauvais souvenirs en voyageant à travers les couleurs, les paysages et les visages.
Les scènes du quotidien exercent sur lui une réelle fascination. Devant son chevalet, dans sa maison à Quatre-Bornes où il réside, il se les rappelle avec un souci particulier de certains détails qui donnent une touche particulière à ses tableaux.
S’évader.
Jean-Marie Joie aime la mer, les falaises de Gris Gris, les routes bordées d’arbres en fleurs et d’autres images pittoresques. Il accorde également du temps à ces visages observés d’inconnus, d’amis ou de personnalités dont les regards l’ont marqué. Dans sa collection, quelques scènes de guerre, comme pour signifier que certaines images ne le quitteront jamais.
C’est précisément pour s’évader de la rudesse de son métier que le parachutiste a commencé à peindre. Dans les années 70, lasse de voir trop d’armes chez elle, son épouse lui achète une boîte de peinture pour qu’il s’occupe à autre chose. Les conseils d’un ami l’ont aidé à comprendre la technique, qu’il a par la suite mieux maîtrisée en bouquinant. L’armée ne lui a pas permis de poursuivre son cheminement à l’école des beaux-arts, où il a suivi des cours pendant six mois.
Partage.
Pendant une quarantaine d’années, l’homme n’a jamais cessé de pratiquer son art, alors qu’il se rendait également sur des champs de bataille au Zaïre, en Albanie, au Kosovo, en Somalie, au Rwanda. Moments difficiles, scènes d’horreur, amis abattus. Peindre pour mieux s’accrocher.
La passion pour la peinture ne l’a jamais quittée. L’homme a toujours une prochaine oeuvre qui l’attend sur son chevalet; sa collection dépasse déjà une cinquantaine de tableaux. D’autres ont été rangés en Belgique où il a aussi exposé dans le passé.
Peindre est un acte intime, mais Jean-Marie Joie veut désormais partager ses oeuvres avec le public. L’artiste espère exposer son travail prochainement.