Jean Paul Bluey Maunick, le leader du groupe Incognito fondé en 1979 et qui parcourt le monde pour faire découvrir les sonorités du acid jazz teinté de soul et de funk est à Maurice depuis jeudi en provenance du Bratislava pour un unique concert au Mahatma Gandhi Institute.
Il a vu un de ses vieux rêves se réaliser lorsqu’il s’est produit pour la première fois sur le sol mauricien et il n’a pas caché ses émotions jeudi soir lors d’une rencontre avec la presse à l’hôtel Tamarina, Tamarin.
Le fils du poète Edouard Maunick qui a quitté Maurice à l’âge de 9 ans en 1968 pour Londres en compagnie de sa mère, s’est dit très ému de retrouver sa terre natale après une longue absence. « Le séga m’a toujours inspiré et c’est à partir de là que j’ai travaillé dur pour avoir une reconnaissance mondiale », dit-il. Il se dit fier d’avoir pu honorer une promesse faite à sa grand-mère : vivre sa passion pour la musique et aussi d’être le digne ambassadeur de Maurice à travers les nombreux concerts. « A little volcano travelling and erupting and having been able to light the flame and keep the fire burning », a-t-il dit jeudi à la presse où il était entouré de Thierry Sauzier — le Deputy CEO de Médine à qui revient l’initiative de ce concert — de Rama Poonoosamy, le directeur de l’agence Immedia et de Raoul Maurel, directeur de l’hôtel Tamarina. Jean Paul Bluey Maunick était également encadré de ses musiciens venus d’horizons différents, dont la Jamaïque, le Japon, Trinidad et Tobago, l’Italie et l’Allemagne.
Le fils du sol déclare que le séga a toujours été sa source d’inspiration et il se souvient encore des gens qui après une dure journée dans les champs se regrouper autour des feux allumés pour chanter et danser. « En les voyant, j’ai dit à ma grand-mère que je serez musicien et elle m’a encouragée dans cette voie. »
Très heureux de se retrouver sous le soleil mauricien après son dernier passage chez nous en 1996, il a déclaré aussi que le monde de la presse lui est également familier, car sa mère travaillait à Advance qui avait comme rédacteur en chef, Marcel Cabon.
En 1968, lorsqu’il s’est rendu à Londres en compagnie de sa mère, il a découvert un monde hostile et il a dû se battre afin d’être reconnu. Le jazzman peut s’enorgueillir que grâce à ses nombreux voyages il a fait la promotion de Maurice, notamment du Japon où il est très populaire. Malgré son succès, il a les pieds sur terre. « Je ne prétends pas être le meilleur musicien du monde, j’ai quand même suffisamment de talents pour vivre ma passion et s’occuper de ma famille ».
Bluey fera une popularité dès son incursion dans le monde du acid jazz avec « Inside Life » et « Positivity » et le groupe figure dans les charts avec « Always there » et « Don’t you worry about thing », une reprise de Stevie Wonder. En 2013, il a sorti son premier album solo, « Leap of faith ». Il a eu le privilège de travailler avec les grosses pointures du jazz comme George Benson, Chaka Khan, George Duke, Mario Blondi.
Bluey animera un master class lundi et aura des sessions de travail avec les musiciens du jazz. Après Maurice, Bluey et sa bande de musiciens se rendront en France. « J’avais l’habitude de me produire au Bataclan, c’est triste de constater que ce haut lieu de culture a été le théâtre des attaques terroristes. People must be taught from young age to live side by si de and they must be guided the right way », a-t-il déclaré.