Le Joint Economic Council, organisme fédérateur des organisations du secteur privé, réclame un signal fort tant au niveau de la politique monétaire que celui de la politique de développement économique en général pour redonner confiance aux opérateurs économiques. À un point de presse ce matin à Plantation House, Louis Rivalland et Raj Makoond, respectivement président et directeur du JEC, ont estimé « qu’il y a de l’espace » pour que le Monetary Policy Committee de la Banque de Maurice revoie à la baisse, à sa réunion du lundi 12, le taux d’intérêt directeur. Le JEC appelle également le gouvernement au plan de la politique de développement économique de poursuivre dans la voie des réformes et surtout d’accélérer les investissements dans les infrastructures.
« Il y a des appréhensions quant à l’évolution de la situation économique tant au plan international que local. Nous notons une perte graduelle de confiance chez les hommes d’affaires, d’où la nécessité de prendre des mesures pour rétablir la confiance », a déclaré d’emblée Louis Rivalland, président du Joint Economic Council. Le JEC considère que pour réduire, voire éliminer, l’incertitude dans le marché, les politiques et pratiques économiques doivent apporter un maximum de clarté et de visibilité pour les opérateurs. « Il y a une harmonisation de la politique monétaire et de la politique de développement économique à trouver. L’accent doit être mis sur la croissance et le marché a besoin pour cela un signal fort », a renchéri Raj Makoond, directeur du JEC. Le JEC est d’avis qu’il y a possibilité pour le Monetary Policy Committee (MPC) de réduire le taux directeur lorsqu’il se rencontrera dans une semaine mais s’est gardé d’avancer un chiffre.
Louis Rivalland s’est livré dans la première partie de son point de presse à un survol de la situation économique mondiale. Estimant qu’il est trop tôt de parler de « double dip recession », le président du JEC a souligné que la situation est difficile et compliquée. Aux États-Unis, les récents indicateurs montrent que la croissance est au point mort, que la consommation et l’emploi sont au ralenti. « Les chiffres publiés à la fin de la semaine dernière concernant l’emploi aux États-Unis indiquent que pour la première fois depuis la seconde Guerre mondiale il n’y a pas eu création nette d’emplois dans ce pays », a annoncé Louis Rivalland. En Europe, on fait face à des problèmes économiques structurels, à un niveau d’endettement important, à des taux de déficit budgétaire élevés. « L’Europe passe par des moments très difficiles et cela risque de continuer pendant quelque temps. Les indicateurs ne sont nullement encourageants », observe le JEC.
S’agissant des pays faisant partie du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), qui constituaient les moteurs de la croissance mondiale en pleine période de crise financière et économique, on constate que les données ont changé, certains affichant des signes de faiblesse. Les taux de croissance en Chine (de 10 à 9 %) et en Inde (de 8,2 à 7,7 %) ont été revus à la baisse alors que le Brésil a annoncé une réduction de son taux directeur pour fouetter son économie. « Il n’y a pas beaucoup de bonnes nouvelles concernant l’économie mondiale. La seule bonne nouvelle est qu’il y a un consensus sur la gravité de la situation et une disposition générale à prendre les mesures qui s’imposent pour relancer la machine », a fait comprendre Louis Rivalland.