Partira, partira pas ? Reviendra, reviendra pas ? Est-ce vraiment la question sur toutes les lèvres ? Les micros baladés sur nos trottoirs sont-ils parvenus à bien capter ce qui anime l’esprit de quelque 1,3 millions de Mauriciens ? Le citoyen lambda se soucie-t-il vraiment de ce que vont faire ou non nos « akter » politiques, qui dans leurs petits jeux, ont l’air de nous prendre pour des crétins ? Qu’en est-il de nos pauvres amis journalistes, précipités par leurs chefs de rédac à La Caverne l’autre soir, pour se faire rabattre, bien sûr ! Ce n’est pas parce que Le Lion a dit, que l’Autre fera.
A l’heure où j’écris, l’Autre n’a encore rien dit. Entretemps, notre ami le Leader mauve se frotte les mains. C’est à lui que l’on doit ce cinéma, ce jeu politique dont le commun des mortels ne voit que la surface… dont il ignore les dessous, les diversions et perversions et autres tractations terribles qui ne risquent jamais d’être « portés à la connaissance du public. ». Ce que ce public sait, c’est ce que lui disent les médias, analystes, « journanalystes » et autres listes d’observateurs politiques qui apportent leur lecture des évènements. Ainsi on y voit un jeu d’échecs, alors que pour moi, la simpliste, il s’agit plutôt d’une bonne partie de « serpents et échelles » … avec l’un qui pique l’autre pour monter ou descendre… ou encore l’un qui lance ses dés pour éviter les serpents et trouver les échelles vers le pouvoir.
Des questions s’imposent : pourquoi le Lion a-t-il ainsi dérogé à sa lenteur légendaire pour faire cette soudaine « déclaration » ? SAJ reviendra-t-il dans l’arène ? S’alliera-t-il au MMM ? Fait-il confiance au Leader mauve ? Qu’en sera-t-il de son fils ? Et le Lion dans tout ça ? Est-il de mèche avec son voisin mauve ? N’est-ce qu’une bonne et belle grimace en vue de détourner l’attention pour un “remake” de 1995 et – par le biais de cette réforme électorale tant courtisée – éviter un “remake” de 1997 ?
Et le Peuple entretemps ? Mis à part ces agents politiques en hibernation, attendant de sortir de l’hiver des élections générales, les Mauriciens se sentent-ils vraiment concernés ? Est-ce qu’ils arrêtent pour autant de se demander « ki pou kui zordi ? », de récupérer les gosses aux leçons particulières, de payer ces mêmes leçons et autres factures qui s’accumulent alors que le « coût de la vie » prend l’ascenseur et que nos hommes politiques ont à peine l’air de se soucier de cela ?
Le Leader mauve ne prendra peut-être que quelques-uns à ce jeu. Les divers appels de « desann lor koltar » pour « azir » et « liberr » quoi que ce soit de notre paysage national ont bien montré que notre « lepep admirab » est imperturbable, a des inquiétudes trop quotidiennes et trop pressantes pour « monter au créneau » ou « descendre dans la rue ». A l’évidence, quiconque aux plus hauts rangs de l’État qui décide de rompre son silence ou son alliance, pourra le faire tant qu’il n’y a pas rupture de vie tranquille qui risquerait de faire passer Maurice, ses dirigeants et citoyens au dernier grade de pays « pié banane ». Le Peuple peut rester sur sa « sez rotin » à écouter la radio ou regarder la télé… en attendant que ces « Gran Dimoune » prennent finalement leurs décisions et veulent bien nous en informer !