Une fête des Mères pas comme les autres. C’est ce que vivront de nombreuses filles-mères aujourd’hui. Parmi lesquelles deux jeunes filles que nous avons rencontrées et qui ont bien voulu nous partager leur expérience. En effet,  pour Julie*, 16 ans, et Céline*, 17 ans, ce dimanche sera une journée remplie d’émotions et d’amour, d’abord envers leur mère, ensuite envers leurs enfants. Une maman, c’est le plus beau des trésors. Et pour la fête des Mères, quoi de plus beau qu’un moment à partager avec son enfant et de le tenir dans ses bras ? Malgré les pleurs et les caprices de bébé, malgré les nuits blanches, être mère, c’est une aventure riche en bouleversements mais c’est avant tout une histoire d’amour, nous laisse entendre les deux adolescentes.
La famille, le plus beau des cadeaux
Ce dimanche, pour sa première fête des Mères en tant que maman, Julie passera un moment en famille entouré de sa maman, son beau-père et ses deux frères, sans oublier « sa petite princesse qui la rend très heureuse et qui est le soleil de sa vie ». »Je veux que la fête soit joyeuse pour ma fille », soutient Pascaline*, la mère de Julie. Ce qui rendra cette journée spéciale différentes des autres, c’est évidemment la présence du bébé. « Ce sera un moment chaleureux et en plus ma fille sera très bien entourée. Même si nous ne lui offrirons pas de cadeau, nous lui offrirons notre présence », ajoute Pascaline.
Julie s’est trouvée contrainte d’abandonner ses études, alors qu’elle était en form 3, à cause de sa grossesse prématurée. Elle n’a que 16 ans et son bébé un mois. Et aujourd’hui, c’est en tenant dans ses bras son nouveau-né qu’elle souhaitera « bonne fête » à sa maman : « Je suis tout excitée et cela me rend très heureuse ! En disant ‘bonne fête maman !’ à ma mère, je sais que bientôt ce sera moi qui entendrai cette phrase. »
Des rêves, cette jeune mère de 16 ans en a plein la tête. Fille très studieuse et ambitieuse, selon sa maman, Julie n’envisageait de se marier qu’après ses études, caressant le rêve de devenir architecte ou esthéticienne. « Je projetais avant tout de terminer l’école pour pouvoir devenir architecte. Et maintenant je voudrais rattraper les choses que j’ai ratées. Comme mes études. J’attends donc que ma fille ait 3 mois pour que je puisse chercher un cours, probablement en esthétique. »
Apprendre à être mère
Elle vit chez sa mère, qui l’aide à s’occuper de son bébé. « Tout a commencé avec mes maux. Je me sentais mal et je commençais à vomir. Ma maman avait remarqué ses changements et un jour elle a acheté un test de grossesse pour moi en pharmacie. Quand je l’ai fait le matin, le test n’annonçait rien. Ce n’est que dans l’après-midi que les deux lignes sont apparues. Et après ça, j’ai fait d’autres tests qui ont confirmé que j’étais enceinte, » raconte Julie.
Sa grossesse s’est déroulée sans souci majeur, dit-elle. Pendant les neuf mois précédent son accouchement, Julie se disait impatiente de pouvoir tenir son bébé, mais cela n’empêche qu’elle avait aussi l’appréhension que quelque chose tourne mal. « Mais heureusement que tout s’est bien passé. J’ai accouché normalement, bien qu’on m’avait dit que je devrais peut-être subir une césarienne à cause de mon jeune âge. Pendant ma grossesse, tout le monde me disait que ce serait un garçon et moi aussi je le pensais. Cela a été une vraie surprise pour moi d’apprendre que c’était une petite fille. »
Elle se dit assez fatiguée ces derniers temps par un manque de sommeil. « Le moment le plus difficile, c’est la nuit. Mais, heureusement que maman est là pour m’aider. Mon frère aîné aussi me donne un coup de main et mes cousines viennent de temps en temps me rendre visite aussi. » Le père du bébé, âgé de 25 ans, « a toujours était présent pour moi », indique Julie. Pas à pas, Julie apprend à jouer son rôle de mère grâce aux conseils de sa maman Pascaline, qui l’aide du mieux qu’elle peut à prendre soin de son nourrisson.
Trois fois mère
Cette année, Céline, 17 ans, passera une fête des Mères peu ordinaire. « Au départ, on m’avait dit que ce serait des jumeaux. C’est le lendemain de mon accouchement, par césarienne, lorsque j’ai repris connaissance, que j’ai appris que j’ai eu des triplés. Ça a été un choc pour moi ! » Suivant sa reprise de connaissance après son accouchement, Céline raconte qu’elle était inquiète parce qu’elle n’avait pas encore vu ses enfants qui se trouvaient alors à la maternité. C’est sa maman qui la rassuré en lui disant qu’elle les avait vus et qu’ils étaient en bonne santé. Un événement heureux qui est venu bouleverser la maisonnée, d’ordinaire calme est silencieuse, laisse entendre la mère de l’adolescente. Personne ne s’attendait à l’arrivée de triplés. Aujourd’hui mère de deux filles et d’un garçon, qui ont fêté leurs six mois hier, Céline qui était en form 4 lorsqu’elle est tombée enceinte et a dû arrêter ses études.
Famille soudée
Elle vit chez ses parents qui la soutiennent.  « Cette année, la fête des Mères se passera tranquillement à la maison. On ne peut pas tellement sortir avec les trois bébés, donc on va rester à la maison, chez mes parents. On n’a pas grand-chose de prévu, probablement un déjeuner ensemble. » Elle se dit heureuse de fêter sa première fête des Mères en tant que maman elle-même, mais se sent quelque peu triste de ne pas avoir le père des bébés à ses côtés. Effectivement, contrairement à Julie, Céline n’a pas eu la chance d’avoir le soutien du père des bébés, celui-ci l’ayant quittée alors qu’elle était enceinte de deux mois. « Les parents du papa viennent voir leurs petits-enfants de temps en temps », avoue Céline.
« Quand j’ai appris que j’étais enceinte, mon premier sentiment a été la peur de la réaction de mes parents. Je n’en ai parlé qu’à mon petit ami. Mais ma maman a remarqué que j’avais du retard et lorsqu’elle m’a questionnée, je ne lui ai pas mentie », indiquet-elle. Et d’ajouter : »Si je n’avais pas eu le soutien et l’aide de mes parents, je ne pense pas que j’aurais eu le courage de m’occuper seule de ces trois enfants. » Grâce à leur aide, Céline dit ne pas rencontrer de réelles difficultés à s’occuper d’eux. Ils ne sont pas turbulents et dorment bien la nuit, ajoute-t-elle.
La jeune maman soutient que sa vie de mère se passe plutôt bien, « même si au départ c’était un peu difficile. » Elle suit des cours dans le centre du Mouvement d’Aide à la Maternité (MAM) à Rose-Hill les jeudis et les vendredis. « Les jeudis, on fait de la couture et les vendredis, on a un cours sur la puériculture. Cela m’aide beaucoup, car quand j’étais au collège, je faisais des classes de cuisine et de couture », explique-t-elle. Grâce aux cours en puériculture, elle envisage de travailler plus tard dans une école maternelle, même si, au départ, elle rêvait de devenir styliste ou pâtissière. Aujourd’hui, les journées de la jeune maman sont consacrées à ses enfants, mais elle ne se néglige pas pour autant : « Le matin, je prends soin de moi avant de faire quoi que ce soit. C’est après que je vais donner à boire aux bébés, changer leurs couches, etc. »
* Les prénoms ont été modifiés