Initiée par les soeurs Christelle et Dominique Barbe en 2010, l’AniMuExpo est LA rencontre incontournable de tous les fans et les cosplayersde manga à Maurice. La dernière édition a eu lieu en décembre dernier. Le Festival Cosplay a vu le succès de sa première édition le mois dernier. Shameel Lordpain Mosaheb, créateur du groupe UoM Anime & Manga, indique que “nous avons organisé le festival en collaboration avec la UoM Sustainable Society, dont le président est Hans Ungapen, pour promouvoir la culture japonaise et permettre aux fans de manga et d’anime de s’exprimer.”À savoir que cosplay, mot-valise des mots anglais “costume” et “playing”, est une subculture japonaise qui consiste à jouer le rôle de ses personnages (héros de mangas, d’animation japonaise, de tokusatsu, de films, de jeux vidéo ou encore de comics) en imitant leur costume, leurs coiffures, etc. 
Pour Christelle Barbe, que nous avons rencontrée à son atelier, “le mangaka” est l’auteur d’un manga. Il peut être soit scénariste, soit dessinateur, ou les deux. “Le plus connu est Akira Toriyama, auteur de Dragon Ball. Il est l’influence de base de tout mangaka.” Elle explique aussi qu’AniMu a été formée pour créer un marché pour le manga à Maurice. 
De jeunes dessinatrices mauriciennes (dont Christelle Barbe) ayant pour pseudos K-San, EmiLee et Suicidol XP ont produit un manga series, Banana, qui comprend les tomes I et II (Banana Hangover et Banana Split) et le dernier en date est une compilation de situations comiques impliquant les personnages de Banana Series“Nous l’avons fait à l’occasion des trois ans de la série et nous y racontons ce que les personnages font en dehors de l’histoire principale. C’est plutôt un side-story. De plus, Banana Mix est écrit en créole, alors que les deux autres sont en anglais.” Banana Mix a été lancé lors de Confluences 2014 et les neuf titres d’AniMu (groupe de mangaka mauriciens), sont disponibles à la libraire Le Cygne, à Rose-Hill. 
Le manga, késako?
Le manga est une création japonaise, issue d’une longue tradition ancestrale de dessin. Sous sa forme actuelle, il remonte au début du 20ème siècle, et son succès populaire date des années 50. Au début, les mangas étaient des caricatures de personnalités connues. Souvent en noir et blanc et aux codes graphiques particuliers, ils se présentent sous la forme d’un roman — contrairement aux bandes dessinées (BD) occidentales — et se lit de droite à gauche (sens de la lecture au Japon). Une histoire se déroule la plupart du temps sur plusieurs volumes (en moyenne une dizaine de tomes). On appelle kodomole manga pour enfants ; shôjo, histoires romantiques pour filles ; shônen manga d’action ou d’aventure pour garçons ;seinen, destiné aux jeunes hommes et josei, le manga pour jeunes femmes. Si, aujourd’hui, manga signifie pour tous “BD japonaise”, la véritable signification de ce mot se traduit précisément comme “dessin rapide” ou “illustration fantaisiste”. Le mot fut inventé par le caricaturiste Katsushika Hokusai (1760-1849). Il est composé de ga  qui signifie “dessin”, “gravure”, et de Man  se traduisant “sans but”. 
Au japon, tout le monde lit des mangas ; ils font partie intégrante de la culture japonaise et touchent aussi bien les enfants, les ados que les adultes et même les personnes âgées… Les thèmes abordés sont donc très variés (policier, histoire d’amour, fantastique, sport, cuisine…) et il en existe différents genres dont les plus connus sont le shônen et le shôjo. Bref, il y en a pour tous les goûts ! Néanmoins, les plus grosses ventes se font avec ceux destinés aux ados, dont les thèmes sont souvent liés à la violence. Au Pays du Soleil Levant (Japon), les mangas paraissent d’abord dans des magazines qui leur sont consacrés. Les séries y sont le plus souvent publiées par chapitres d’une vingtaine de pages. Lorsqu’un manga rencontre un certain succès, il est alors édité en volume relié et peut même par la suite être adapté en animé, en jeu vidéo. Dans la culture nippone, le manga n’est pas un livre que l’on conserve. Une fois lu, il est jeté ou le plus souvent abandonné dans le bus ou le métro, et peut être lu par quelqu’un d’autre.
Caractéristiques du manga
Christelle Barbe, mangaka mauricienne, explique que la différence entre un manga et une BD traditionnelle réside dans la technique : après le sens de lecture, on y trouve beaucoup plus de visuels, l’action est plus rapide, etc. “Je trouve que le manga développe plus l’histoire. Le format standard pour un manga est de 100 à 150 pages (un manga est publié par chapitre qui sort chaque semaine; un chapitre contient 16 à 32 pages) tandis que pour une BD c’est 48 pages.”Les codes graphiques sont nombreux et avec chacun un but bien précis. Par exemple, lorsqu’une scène est issue du passé ou des souvenirs d’un des protagonistes, les cases seront dessinées sur un fond noir. De même, les cases du shôjô seront bien souvent remplies de fleurs et autres manifestations mignonnes et enjouées de la psyché de l’héroïne. Bien souvent, le style de dessin et les codes graphiques utilisés permettent de savoir au premier coup d’oeil de quel genre de manga il s’agit. 
Mais le dessin, les personnages types et les codes du genre ne sont pas les seuls caractéristiques d’un manga. Ce qui fait la patte d’un manga, c’est quelque chose auquel le lecteur ne fait presque pas attention : les onomatopées, pour traduire les bruits et les ambiances; ils donnent du dynamisme aux dessins. Bien souvent écrite en katakana, elles permettent de comprendre ce se passe, ce que le personnage ressent ou encore dans quel genre de lieu se situe l’action. Dans sa forme originale, le manga a un style de dessin particulier: les personnages ont de très grands yeux, intenses, parfois hypnotiques ; difficile de distinguer garçons et filles.
Les genres
Chaque manga est dûment classé dans une catégorie, et chaque catégorie à ses codes bien particuliers. Par exemple dans le shôjô, il existe la catégorie des Magical Girloù il faut une tenue particulière, des objets pour se transformer et des incantations spéciales, scandées à haute voix et en faisait tournoyer le dit accessoire en l’air de préférence pour débloquer la fameuse transformation. Idem pour le shônenoù les thèmes forts restent l’amitié, le courage et le dépassement de soi pour révéler sa véritable force dans les moments difficiles. Ce sont souvent ces mangas, tels que One Piece, Narutoou encore Bleach, qui se placent tout le temps en tête des ventes. 
Les personnages aussi sont extrêmement codifiés et précis. A titre d’exemple, dans un shônen, il sera bien vu d’intégrer une mignonne et frêle jeune fille, parfois avec une poitrine défiant la loi de la gravité, qui s’avèrera être une tigresse à la force incroyable au combat. Le héros sera bien souvent un jeune homme maladroit et inexpérimenté, donnant ainsi au manga des airs de quête initiatique. Dans le shôjômanga, la majorité des hommes seront dessinées avec des traits plus ou moins efféminés et il y aura bien souvent une relation homosexuelle entre deux hommes plus ou moins sous-entendue.