Malgré la perception générale, de plus en plus de jeunes s’intéressent à la chose politique. Plusieurs d’entre eux se manifestent à travers les réseaux sociaux, les groupes de réflexion, les initiatives artistiques. S’il est vrai que les partis classiques ne les inspirent plus, les jeunes ont compris qu’ils ont aussi leur mot à dire. Ils se font entendre autrement…
Si l’on se fie aux chiffres avancés par l’enquête de Transparency Mauritius publiée en 2013, on pourrait arriver à la conclusion que les jeunes sont de moins en moins intéressés par la politique. Elle révèle que 58% d’entre eux ne s’intéressent pas à la politique et précise qu’ils ne sont que 7,5% à s’identifier à un parti.
C’est sans doute ce pourcentage qu’il faudra retenir. Car si les jeunes ont de moins en moins envie d’adhérer à un parti classique, la politique ne les laisse pas complètement indifférents. Kavish Rampoortab le précise : “Notre manière de voir la politique ne se limite pas aux cinq ans d’un mandat”, dit-il pour signifier le désir de sa génération de considérer la politique dans sa globalité. “Jusqu’à l’année dernière, je ne savais même pas qui était le député de ma circonscription. Je constate que les députés ne sont pas in touch avec les jeunes.” Christophe Monasie, 22 ans, dit aborder la politique autrement : “Les jeunes deviennent de plus en plus critiques. Nous avons une mentalité kestionn tou.”
D’autres suivent la politique loin des sentiers battus. “J’ai commencé à suivre l’actualité politique à travers les caricatures et les vidéos satiriques sur mon “fil d’actualité” de Facebook”, confie Annabelle Beema, 28 ans, infographiste.
On ne peut donc pas dire que la jeune génération est dépolitisée. Il est possible d’avoir une conscience politique même si elle ne s’exprime pas dans les lieux traditionnels, comme les meetings ou lor koltar derrière un leader.