Un document de réflexion intitulé “Mettre fin à la violence domestique envers les femmes et les jeunes filles” et préparé par l’Église anglicane est actuellement disséminé auprès de la jeunesse de cette communauté et de la population en général, dans les établissements scolaires, les lieux de travail, et dans les paroisses. Disponible en ligne également sur le site du Diocèse anglican, il traite des moyens de briser le cycle de la violence tant physique que verbale et psychologique.
Ce document découle de la Conférence des jeunes de la communauté anglicane, tenue à Kowloon, Hong-Kong et qui a réuni, du 12 au 19 août, les coordinateurs provinciaux, dont le Révérend Kevin David, coordinateur de la Province de l’océan Indien qui regroupe Maurice, Madagascar et les Seychelles. L’Église anglicane se dit vivement préoccupée par la montée de la violence et la tendance notée à la banalisation des comportements violents au sein de la cellule familiale, parmi les jeunes, et dans la société en général. Une banalisation que contribuent à accentuer, déplore le religieux, « tant des séries télévisées violentes que des clips d’émissions musicales, ou encore certaines bandes dessinées pour la jeunesse, sans parler des dangers d’une utilisation abusive de l’internet ». Dans la province anglicane de la région, dit-il, « il règne dans nos pays respectifs divers degrés de violence, dépendant de leurs réalités socioculturelles et politiques. À Maurice, l’on note diverses formes de violences : entre jeunes d’établissements scolaires qui se constituent en bandes rivales ; au sein des couples, qu’ils soient mariés ou pas ; il y a aussi la violence verbale qui se féminise, voire celle physique également chez certaines. À Madagascar, par exemple, la violence entre jeunes est accentuée par les rivalités politiques, alors qu’aux Seychelles il y a beaucoup de filles-mères qui subissent de mauvais traitements domestiques. »
Le présent document vise à sensibiliser sur les multiples conséquences néfastes, dont les risques de perpétuation du cycle de violence de génération en génération. Il donne les pistes possibles, dont le dialogue au sein des communautés scolaires, paroissiales, et professionnelles, pour lutter contre ce phénomène mondial. « Nous encourageons le jeune à initier des discussions sur le sujet de la violence domestique en sensibilisant son entourage sur son lieu de travail, parmi ses amis et sa famille », indique Kevin David. Le document offre aussi aux jeunes des outils pour savoir reconnaître les signes de traitements violents chez les femmes et jeunes filles de leur entourage qui en sont victimes. Il ne se limite pas à la violence faite envers les femmes et les jeunes filles, mais sensibilise également sur les pratiques culturelles qui bafouent la dignité féminine, telles la mutilation des organes génitaux des adolescentes en Afrique. D’une manière générale, outre d’engager une réflexion sur la nécessité de se défaire du système patriarcal qui emprisonne tant la femme que l’homme, ce document encourage la jeunesse à lutter contre la tendance à l’individualisme et l’égoïsme qui diminuent le potentiel humain de chacun.