Dix des 20 jeunes Agaléens à Maurice dans le cadre de leurs études secondaires se sont joints aux activités « spéciales vacances » du ministère de la Jeunesse et des Sports pour la première fois. Jeudi dernier, ils ont participé aux jeux de plage à Le Goulet. Une journée où étaient présents plusieurs centaines de jeunes du nord et de l’ouest du pays.
« Nous venons de démarrer cette collaboration avec le ministère de la Jeunesse et des Sports pour que ces jeunes puissent avoir accès aux activités sportives et aux loisirs, mais aussi au Youth empowerment program », fait ressortir Laureen Manguiller, travailleuse sociale affectée au département « Outer-island » du ministère des Collectivités locales. Elle a pour tâche de faciliter l’insertion des jeunes dans des foyers ou familles d’accueil à Maurice, de faire le lien entre eux et leur famille, à Agaléga, et de s’assurer que leur intégration scolaire se fasse sans heurts.
Tout en se réjouissant de cette journée d’activités – qui leur permet, en outre, de rencontrer d’autres jeunes de leur âge venant des différentes régions de l’île –, Kevin Stive, Brandon Poulay, Clara Augustin et Brenda Henri ont la nostalgie de leur archipel natal. « Je préfère Agaléga. Là bas, nous vivons dans la nature. Ici, il y a trop de développement », soutient Brandon, élève en Lower VI au collège de La Confiance. Pendant les vacances scolaires, poursuit-il, « laba, mo ti pou al lapes lor laplaz ; mo kontan lapes ». Brandon est à Maurice depuis 7 ans. Son intégration et son adaptation étaient relativement difficiles au début. « Mais je suis habitué maintenant. » Le jeune homme vit chez sa grand-mère maternelle, à Baie-du-Tombeau. « Mon grand-père maternel et mon père sont d’Agaléga. Ma mère, elle, est née à Maurice », ajoute notre interlocuteur, dont la soeur cadette est en Form III au collège BPS. Le jeune homme fait partie de l’équipe de football de son établissement scolaire et déclare fièrement que le collège de La Confiance a remporté le match contre le Charles Telfair Institute cette semaine. En outre, il dit jouer du piano et du clavier. « J’ai commencé à jouer de la musique à Agaléga avec mon père. J’ai été au conservatoire lorsque je suis arrivé à Maurice. J’ai ensuite arrêté les cours de musique », dit-il, avant d’avouer se passionner aussi pour l’art visuel, matière qu’il a d’ailleurs choisie pour ses examens de HSC.
Kevin Stive en est à sa première année à Maurice. Âgé de 14 ans, il est en cours prévocationnel (niveau 3) et est accueilli par l’association Fraternité nord-sud. Même si Maurice offre certaines facilités, notamment infrastructurelles, lui aussi dit préférer Agaléga. « Laba, nou ena tou, fami, kamarad. Laba pli bon ! » De par sa superficie, Agaléga présente aussi l’avantage de pouvoir rallier un point de l’île à un autre à pied, et ce assez rapidement. Ce qui offre ainsi de belles balades à ses habitants. D’ailleurs, comme le souligne Kevin, « il n’y a pas de transports comme à Maurice ».
Clara Augustin, 15 ans, regrette cette liberté. « Laba, nou lib pou al partou. Isi, tro gran, pa kapav », affirme cette jeune élève du collège Patten de Rose-Hill. Clara en est aussi à sa première année à Maurice. Elle réside chez sa soeur, puéricultrice, en vacances à Pointe-aux-Sables. Acceptée dans une famille d’accueil à son arrivée, « c’était dur », dit-elle, concédant toutefois que la famille était très gentille. « Maintenant, je m’y suis habituée et j’ai des amis. » Clara souhaite devenir policière et retourner travailler dans son île après sa scolarité et sa formation. « Je suis née là bas. Je préfère Agaléga », reprend-elle.
Idem pour Brenda Henri, 17 ans. A Maurice depuis trois ans, cette dernière habite avec des religieuses dans un foyer, à Vacoas, et fréquente le collège St-Helena. C’est avec beaucoup de joie qu’elle a participé aux compétitions de beach-volley et de tug of war, plus tôt, raconte-t-elle. Cette dernière activité, elle la découvrait pour la première fois. « C’est bien. Nous rencontrons d’autres jeunes et partageons des choses », dit-elle encore, ajoutant que son principal passe-temps est… la télévision. Mais elle n’a cependant pas d’émission préférée. « C’est assez varié », dit-elle. « Des fois, je vais chez des amis. »
Laureen Manguillier indique que les élèves agaléens arrivent à Maurice en début d’année, en janvier, hormis quelques exceptions. Au mois de novembre, après les examens de fin d’année, ils rentrent alors dans leur famille, à Agaléga. « Si, pendant les autres périodes de vacances, il y a un bateau qui part à Agaléga, il leur arrive de partir pour quelques jours », indique notre interlocutrice.
Ces jeunes passeront la journée de lundi sur l’Île-aux-cerfs dans le cadre du programme « spéciales vacances ».