En quittant Curepipe pour Melbourne (Australie) il y a dix ans, David Carver avait comme objectif de réussir ses études universitaires pour ensuite être scientifique. Quelques années plus tard, ce rêve s’est réalisé. Parallèlement, David Carver a toujours nourri sa grande passion pour le marathon, une épreuve qu’il n’a d’ailleurs jamais mise de côté malgré le fait d’avoir émigré dans un autre pays. Et il a eu parfaitement raison de croire en sa bonne étoile, puisque, le 21 août prochain, il sera engagé lors du marathon des Jeux olympiques à Rio.
À 28 ans, David Carver aura l’occasion de vivre une belle expérience à laquelle nombre de sportifs auraient aimé participer. À bien voir le parcours de ce jeune homme, dira-t-on sans hésitation, relève de celui d’un « fighter ». En effet, après une 26e place lors du marathon de Paris en avril 2015, avec à la clé le record national en 2h21.12, David Carver était donné favori pour la médaille d’or du semi-marathon de l’année dernière lors des 9es Jeux des Îles de l’océan Indien, à La Réunion. Après avoir mené pendant pratiquement tout le parcours, il céda à un kilomètre de l’arrivée pour finalement terminer à la cinquième place. Il avait alors déclaré que c’était le sport et qu’il reviendrait plus fort que jamais.
Par la suite toutefois, il n’avait pas été vraiment présent sur la scène mondiale d’où sa décision de demander à l’Association mauricienne d’Athlétisme de faire enlever son nom de la liste de bénéficiaires pour une bourse de haut niveau. Ce n’est qu’en début de cette année que le marathonien s’est remis sur orbite comme en témoigne cette nouvelle 26e place, lors du marathon de marathon de Hambourg (Allemagne). Sauf que là, David Carver avait frappé un très gros coup avec un chrono de 2h18.20, suffisant pour non seulement établir un nouveau record national, mais, plus important encore, réaliser les minima (2h19) imposés par l’International Association of Athletics Federations (IAAF) pour être présent aux JO.
Il faut dire que David Carver n’a pas vraiment d’entraîneur et ne s’entraîne donc pas en club, dans la mesure où il habite en altitude à 123 km de Melbourne. Il n’empêche qu’il est en contact régulier avec l’entraîneur néo-zélandais Patrick Ashkettle. Ils se voient d’ailleurs toutes les six semaines pour faire un bilan et voir si David Carver a progressé ou pas. Après sa qualification, un programme avait été préparé, afin de le mettre en condition avant ces Jeux de Rio. Son objectif : prendre avant tout du plaisir. « Se retrouver aux Jeux olympiques est le rêve de tout athlète. Je suis donc très content de faire partie de cette aventure. Je suis de ceux qui font du sport pour le plaisir et je compte bien le faire à Rio. Je ferai aussi de mon mieux pour réaliser une bonne performance à ces Jeux », avait-il récemment fait remarquer dans ces mêmes colonnes.