700 jeunes se sont réunis au Goulet jeudi dernier pour la première journée d’activités dédiées aux jeux de plage, organisée sur « le plan national » par le ministère de la Jeunesse et des Sports, selon les estimations de l’officier responsable Sahajee Bappoo. Ils étaient notamment de l’Ouest, du Nord et de l’Est du pays. Jeudi prochain, les jeunes du Sud et du Plateau central se réuniront sur la plage de Blue-Bay pour des activités similaires.
C’est sous un soleil de plomb et dans une atmosphère de fête que les jeunes se sont adonnés aux activités proposées à leur intention : jeux de plage divers, beach-volley pour les filles et beach-soccer pour les garçons, tug-of-war et pétanque… Pour certains, il s’agissait de leurs premières expériences. Fort enrichissantes.
« Ganie, ganie, perdi, perdi ! Pourvi inn zwe », lance Julia, âgée de 13 ans. Cette jeune sportive est la seule à avoir bravé la force masculine en s’associant à son équipe pour le tug-of-war. « Inn gagn dimal », dit-elle en nous montrant son bras rougi, tout en gardant un oeil sur les deux équipes qui s’affrontent. « Rise, rise », crie-t-elle, avant de revenir vers nous. « C’est top ! C’est fun ! Super intéressant ! Monn gagn enn ta kamarad. Zot korek, zot ena manyer, zot pa zoure », soutient-elle.
Julia estime que l’organisation de ces journées donne l’occasion aux jeunes d’avoir des loisirs sains. « Au lieu de se droguer et de s’adonner à d’autres activités malsaines, ici, on se fait des amis, on s’amuse et on partage. Un de mes amis se droguait. Il est âgé de 16 ans et suit un traitement à base de méthadone. Je lui ai parlé à plusieurs reprises mais il ne m’écoute pas. Heureusement, qu’il a arrêté maintenant », dit-elle. À la fin de la partie de tug-of-war, Julia court rejoindre ses amis. Dans quelques minutes, la finale aura lieu. Entre temps, d’autres équipes s’affrontent au beach-volley et à la pétanque.
« Monn dir twa trap plin taler-la ! » Un rappel de Jason, âgé de 24 ans, à un autre jeune sur la manière de tenir la boule de pétanque avant de la lancer. Il en est aussi à sa première expérience même s’il participe à d’autres activités du ministère de la Jeunesse et des Sports. « Récemment, nous avons suivi une formation en droits humains », dit-il. Jason trouve la journée enrichissante pour les jeunes. « Il y a beaucoup d’activités et elles se déroulent dans la discipline. » Il pense néanmoins que la participation des professionnels à ces journées serait un plus pour les jeunes. « Ceux qui font une activité pour la première fois pourront dès le départ être initiés aux bonnes techniques par exemple », dit-il, bien qu’il prenne du plaisir à guider les boulistes en herbe. Jason en appelle aux jeunes « de participer à fond à ces activités au lieu de rester à la maison à ne rien faire ou dans la rue ».
« C’est pas mal ! Serye net. Olie res lakaz pena rol », affirme pour sa part Niven qui découvre aussi ces activités. À son ami Zoubaire de renchérir : « Je participe tous les ans. Au fil des années, les propositions sont de mieux en mieux. Il y a plus d’activités. » Zoubaire, âgé de 24 ans, prépare un BA (Hons) Physical Education.
Selon Sahajee Bappoo, les activités « Spéciales Vacances » du ministère ont un but précis : « Orienter les jeunes vers des activités saines. » « Par manque d’activité, ils ont tendance à faire des bêtises. Les sorties et les activités proposées sont des occasions de détente. Les journées nationales permettent un partage d’expérience entre jeunes de diverses régions. La dimension sportive les aide à se développer physiquement et à canaliser leur énergie. Ils développent l’esprit d’équipe à travers les compétitions interclubs. Les vacances, c’est aussi l’occasion de se ressourcer avant d’entamer le troisième trimestre de manière sereine », fait-il ressortir.
Les différents centres de jeunesse organisent des activités à leur niveau également.