En 2015, des travailleurs bangladais avaient connu le même sort

Une visite surprise des députés du Parti travailliste, Shakeel Mohamed et Osman Mahomed, ainsi que celui du MMM, Adil Ameer Meeah, dans les dortoirs des ouvriers bangladais employés par la compagnie China State Construction Ltd, à Jin Fei, Riche-Terre, s’est déroulée de manière hostile hier après-midi. Dans des dortoirs sales, les conditions d’hygiène dans lesquelles ces travailleurs étrangers sont hébergés sont jugées « déplorables », notamment avec des planches en bois faisant office de lits ou encore trois à quatre toilettes pour environ 200 employés.

De même, les contraintes, auxquelles bon nombre de ces Bangladais font face pour jeûner durant ce mois de Ramadan sont décriées. D’autant plus qu’ils reçoivent leurs salaires avec des mois de retard. Les trois députés de la capitale se sont rendus sur place et ont été choqués par ce qu’ils ont vu.

Lors des échanges entre les parlementaires de l’opposition et les responsables chinois, alors que les députés allaient réclamer les contrats de travail de ces employés, les choses se sont envenimées au point où il a fallu l’intervention de la force policière pour calmer les esprits dans les deux camps. Si Shakeel Mohamed, ancien ministre du Travail, a demandé à la police de lancer une enquête sur cette situation, le mauve Adil Ameer Meea a, lui, pris contact avec le ministre Soodesh Callichurn, qui se trouve en mission à Genève. Ce dernier lui aurait laissé entendre qu’il suivrait cette situation de près, et ce en envoyant les officiers de son ministère sur le site.

Le chef de file travailliste à l’Assemblée nationale estime pour sa part que cette situation « ressemblait à de l’esclavage moderne » alors que Osman Mahomed a, lui, laissé entendre que non seulement les agents recruteurs mais aussi les ambassades concernées « devraient être interpellés » en raison des conditions de vie des employés étrangers. Quant aux entrepreneurs, ils affirment que les dortoirs sont « nettoyés chaque semaine ». Ils laissent entendre que les Bangladais recevront des matelas plus appropriés « dans pas longtemps ». Le ministère du Travail avait aussi prévu une inspection ce lundi.