Alors qu’il devrait recevoir la lettre qui le confirmera officiellement au poste d’entraîneur de la sélection masculine d’ici demain, Thierry Julie, ancien joueur du Real et de la sélection mauricienne, se voit confier une tâche immense : celle de rehausser le niveau de jeu de tout le groupe pour les JIOI 2019, qui se tiendront à Maurice. Sauf que l’entraîneur ne veut pas parler d’objectifs ni de couleur d’une éventuelle médaille. Il se concentre sur le travail à abattre.
Le constat est simple, mais accablant. « On ne connaît pas notre niveau. Et on n’arrivera pas à atteindre des objectifs tant que nous ne le connaîtrons pas », dit Thierry Julie. Mais il se veut optimiste au moment d’aborder l’un des plus grands défis de sa carrière. Ce qui représente un énorme chantier pour lui. « Nous devons être réalistes. Depuis les derniers JIOI, la sélection a été inactive. » Malgré l’ampleur du défi, il veut surtout amener le groupe à croire dans ses capacités.
« Nous avons des objectifs à atteindre, tant sur le plan individuel que collectif. Je pense que si nous atteignons ces premiers paliers, le reste suivra de lui-même. » À un peu moins de deux ans des JIOI, il a encore en tête la performance de la sélection masculine. Incapable de se sublimer au moment où le jeu s’intensifiait, le groupe a finalement pris l’eau, malgré toute la bonne volonté des joueurs. « Nous n’étions pas au point techniquement », rappelle-t-il.
Maurice compte un énorme retard sur ses voisins de la région. Mais il existerait peut-être un moyen de contourner cette difficulté. « En fait, il faudra essayer d’amener de nouveaux styles de jeu, plus collectif par exemple, pour essayer de contrer la technique des Réunionnais. » Loin d’être fataliste, il veut tenter le pari. « On peut être optimiste. Mais il faudra surtout se mettre au travail pour arriver à quelque chose. »
Après 20 ans dans le giron, sa nomination en tant qu’entraîneur national semble une suite logique. « J’ai toujours voulu être entraîneur national, ou au moins faire partie du staff technique. Je souhaite partager mon expérience », explique-t-il. D’autant que les JIOI sont un terrain qu’il connaît bien pour avoir participé aux quatre dernières éditions (2003, 2007, 2011, 2015). « J’ai acquis de l’expérience à chacune de ces compétitions. C’est de là que je tiens mon constat sur notre niveau, qu’on doit impérativement rehausser. »
Pour cela, des stages avec des équipes étrangères devraient être prévus en attendant les prochains JIOI. « Ce n’est qu’en nous approchant des formations venues d’ailleurs que nous pourrons progresser. » Et cela pourrait bien commencer, car les Réunionnais du Saint-Pierre BC ont prévu une tournée à Maurice et pourraient en profiter pour livrer un petit duel amical contre la sélection mauricienne. « Il reste encore les détails à régler. Mais ils sont disposés à venir disputer une rencontre. »