Ce sera la troisième fois, après 1985 et 2003, que Maurice organisera les Jeux des îles de l’océan Indien. Les sportifs des différentes îles se donne donc rendez-vous en 2019. Cette décision a été prise lors de la réunion du Conseil international des Jeux (Cij) tenue hier à l’hôtel Best Western à Saint-Denis (La Réunion). Une amère déception pour les Comores, à qui avaient été confiés le drapeau des Jeux lors de la cérémonie de clôture de la 9e édition tenue à l’île soeur en août dernier.
Lors de la dernière réunion du Cij organisée en août dernier, la délégation comorienne avait promis de présenter un dossier solide et convaincant au niveau des infrastructures, notamment d’une piscine olympique, d’un gymnase, d’un complexe sportif et des travaux de rénovation au Lycée de Moroni qui devait abriter le Village des Jeux.
Ce dossier devait également comprendre des propositions de budgets et les noms des partenaires pour la construction de différents sites, d’où un délai étendu jusqu’à mardi dernier. Toutefois, les membres du Cij n’ont pas été convaincus, d’autant qu’aucun membre du gouvernement comorien n’était présent à cette réunion. Il est à noter que les Maldives n’étaient pas représentées au cours de cette réunion.
« Le dossier était incomplet et n’était pas sérieux », soutient Philippe Hao Thyn Voon, président du Cij et du Comité olympique mauricien (COM). Les discussions ont duré pendant deux heures, avant qu’une décision ne soit prise pour que le pays organisateur soit désigné à l’issue d’un vote secret. Le choix s’est donc porté sur Maurice et les dirigeants comoriens, notamment Ibrahim Ben Ali, président du Comité olympique comorien, ont alors quitté la salle.
Un communiqué a été par la suite émis par les dirigeants comoriens pour exprimer leur frustration et leur déception. Un communiqué qui se lit ainsi : « À notre grande surprise, une décision sans précédent dans l’histoire des Jeux des îles de l’océan Indien vient voler les Jeux des Comores avec des raisons fallacieuses. L’organisation des Jeux est retirée aux Comores sous prétexte insensé de l’absence du gouvernement comorien dans une réunion d’une institution olympique. »
Conséquemment, Ibrahim Ben Ali a laissé entendre que les Comores ne participeront pas aux prochains JIOI, en arguant « un manque de respect ». Pour rappel, la délégation comorienne s’était déjà fait remarquer aux derniers JIOI en effectuant un walk-out lors de la cérémonie d’ouverture et en ne participant pas par la suite à la compétition, étant donné que la délégation de Mayotte avait défilé derrière le drapeau français. Reste que des sources aux Comores avancent que la présence d’Hamada Madi Bolero, directeur de cabinet du président de la République, à la place du ministre des Sports, lors de cette réunion cruciale, a été « fatale aux Comores ».
Les Comores qui pleurent et Maurice qui rit. Philippe Hao Thyn Voon ne peut cacher sa satisfaction. « Je suis vraiment très heureux. Terminer mon mandat sur une organisation confiée à mon pays constitue à mon avis la cerise sur le gâteau ». Toutefois, le président du Cij se veut redevable afin que le dossier mauricien soit convaincant. « Le ministre de la Jeunesse et des Sports a jeté tout son poids dans la bataille. Tout un travail d’équipe a été récompensé ». Notons que Maurice avait déjà présenté un dossier lors de l’avant-dernière réunion du Cij en cas de forfait des Comores.
Si un premier pas a été franchi avec l’obtention de cette organisation, il n’empêche que Maurice devra vite plancher pour réussir ce nouveau pari. « Un gros travail nous attend et une de nos priorités sera d’instituer un comité d’organisation. Ce sera fait dans les plus brefs délais », avance Yogida Sawmynaden, ministre de la Jeunesse et des Sports qui avait fait une déclaration à ce sujet hier à l’assemblée nationale. Ce qui lui a valu les applaudissements des membres du gouvernement.
Selon lui, des améliorations devront être apportées aux infrastructures déjà existantes et un Village des Jeux devra être construit. Et Yogida Sawmynaden d’affirmer : « Si nous n’avions pas organisé cette 10e édition, cela aurait été la fin des JIOI. Les Jeux marquent surtout la fraternité entre les sportifs des îles et nous avons toujours milité pour un sport unificateur. »