Hier, ils étaient les héros d’un peuple. Ils ont porté les espoirs du pays et la foule les avait acclamés. Quelques-unes de ses anciennes gloires replongent dans leurs souvenirs pour partager leurs sentiments lorsque les regards étaient braqués sur eux.

Sultan Beeharry : “L’impossible exploit”

 

Le 26 août 1985, lors des 2e Jeux, il offre à Maurice la première médaille d’or de son histoire en natation. Sultan Beeharry crée l’exploit pour le pays mais aussi au niveau personnel. Il était en compétition au 100 m brasse à la piscine Serge Alfred. “Je n’avais pas le meilleur temps et n’étais donc pas le favori. Mais je me suis retrouvé sur la plus haute marche du podium en améliorant mon temps personnel de cinq secondes.”

Pour lui, “être le premier médaillé d’or de Maurice en natation contre mes autres adversaires réunionnais, qui dominaient largement la discipline, relève d’un incroyable exploit”. Pour cet ancien de la Special Mobile Force, cette rage de vaincre est venue surtout de ce public si chaleureux, mais aussi par sa conviction que “l’impossible n’existe pas”.

Stephan Buckland : “Un sentiment indescriptible”

Médaillé d’or au 100 mètres, 200 mètres et 4×100 mètres, Stephan Buckland est entré dans l’histoire des Jeux en 2003. Maurice remporte alors le plus grand nombre de médailles en athlétisme. Cinquième de la finale du 200 mètres aux Mondiaux de Paris quelques jours plus tôt, “je suis rentré au pays l’avant-veille de la cérémonie d’ouverture des JIOI, fatigué physiquement par le voyage mais avec l’envie de me dépasser”. Stephan Buckland et Eric Milazar sont accueillis comme des héros et acclamés par le public mauricien. “Dans d’autres compétitions internationales, je me produisais devant des milliers de spectateurs. Mais on ne ressent pas la même chose devant ses compatriotes, qui sont si proches de vous. Et il fallait leur faire honneur.”

L’un de ses plus beaux souvenirs est “le tour d’honneur après chaque victoire, qui reste extraordinaire et inoubliable. Le moment où est hissé le quadricolore pendant que les Mauriciens chantent en chœur l’hymne national est un sentiment indescriptible”.

 

Eric Milazar : “Des souvenirs gravés à jamais”

La carrière de cet ancien spécialiste du 400 m a été rythmée par des compétitions prestigieuses. Mais le souvenir le plus marquant demeure sa participation aux JIOI de 2003, où il décroche l’or devant ses compatriotes et ses proches. Il s’en souvient comme si c’était hier. “Pour nous athlètes, les JIOI, c’est comme des mini-Jeux Olympiques. De retour des championnats du monde, je suis arrivé au Village des Jeux et l’accueil a été extraordinaire. Un petit souci technique a retardé la cérémonie d’ouverture des Jeux. Dès que j’ai mis le bout de mon nez sur le stade, les acclamations du public m’ont poussé à faire un tour de piste.”

Passer la ligne d’arrivée “devant les acclamations du public, mes parents et mon ancien entraîneur et mentor Jacques Dudal, présent dans les gradins, est un sentiment unique. C’est ce dernier qui a fait Eric Milazar”, confie l’ancien champion du 400 m avec une émotion palpable dans la voix. “Ce sont des souvenirs qui resteront gravés à jamais.”

Judex Lefou : “La motivation pour me surpasser”

La performance de Judex Lefou au 110 mètres haies aux JIOI de 1985 est inscrite dans l’histoire. “Dans les rangs mauriciens régnaient la ferveur et l’excitation. On allait donner le maximum pour rendre fière l’île Maurice.” Le jour de la compétition, en s’échauffant, il se retrouve avec une contracture au tendon. Ce qui ne l’empêche pas de trouver la motivation nécessaire pour prendre part aux Jeux. “À l’époque, le public ne connaissait pas Judex Lefou, mais criait : Allez Maurice ! Poussé par leur support, j’ai eu la motivation nécessaire pour me surpasser.”

Le chiffre 3 a porté chance au recordman mauricien du 100 m haies. Pour les JIOI de 85, il est entré dans l’histoire en occupant le couloir numéro 3. Deux ans plus tard, en 1987, toujours au couloir numéro 3, il est devenu le premier sportif mauricien sur la plus haute marche du podium lors des Jeux d’Afrique à Nairobi.

Neeta Persand : “Un privilège d’être sur la plus haute marche”

Médaillée d’or aux JIOI de 1990, 1993 et 1998 au badminton, Neeta Persand se rappelle l’ambiance entre les sportifs des différents pays dans le Village des Jeux, mais aussi la ferveur et l’esprit d’équipe. De bonnes conditions pour se dépasser dans une compétition de cette importance. “J’étais blessée en 1993 et mes chances de victoires étaient minces”, mais elle remporte l’or en équipe et l’argent en simple dames. “La cerise sur le gâteau a été en 1998 où j’ai tout raflé en équipe, simple dames et double dames.”

Elle avait la rage de vaincre et voulait faire honneur au pays. “C’est un sentiment particulier. C’est un honneur et un privilège quand vous êtes sur la plus haute marche du podium de voir monter le drapeau, d’écouter l’hymne national”, souligne l’ex-championne.

Neeta Persand est très impliquée dans la tenue des Jeux en tant qu’ambassadrice dans les écoles. La jeune femme suivra également cet événement sportif en tant que consultante pour la MBC.

Richard Sunee : “Un accomplissement personnel”

Premier sportif mauricien à décrocher l’or aux Jeux du Commonwealth en 1998, Richard Sunee est un ancien champion de boxe doté d’un moral à toute épreuve. “En 1993, lors des JIOI aux Seychelles, j’ai ramené l’or face au vice-champion du monde réunionnais Bernard Inom chez les moins de 51 kg.” Pour le champion d’Afrique, “c’était un accomplissement personnel, le fruit de beaucoup de sacrifices”. Une médaille qu’il voulait ramener pour rendre fiers son pays et sa famille.

Quelques années plus tard, un autre souvenir marquant a été les JIOI de 1998 à La Réunion. Face au même adversaire, il finit sur la deuxième marche du podium. Un véritable coup porté au moral du boxeur. Mais quelques semaines plus tard, Richard Sunee inscrira son nom en lettres d’or aux Jeux du Commonwealth en Malaisie.