La première partie des travaux du Conseil International des Jeux (Cij) a été marquée ce matin à l’hôtel Gold Crest à Quatre Bornes par un walk-out des représentants des Comores. Alors que le drapeau des Jeux était remis symboliquement par Philippe Hao Thyn Voon, président de cet organisme, à Richard Papie, 1er vice-président du Comité olympique mauricien (COM) qui devait ensuite le transmettre à Yogida Sawmynaden, ministre de la Jeunesse et des Sports, Ibrahim Ben Ali, président du comité olympique comorien, assis au premier rang, devait choisir de quitter la salle de réunion.
Pour rappel, les Comores n’ont toujours pas digéré le fait que l’organisation des Jeux des îles de 2019 a été confiée à Maurice en octobre de l’année dernière, alors que le choix s’était porté sur elles trois mois plus tôt lors de la tenue de la 9e édition à l’île de La Réunion. Alors que les autres représentants du Cij abordaient l’ordre du jour, après la cérémonie protocolaire et la pause café, les représentants comoriens devaient de leur côté tenir un point de presse improvisé près de la réception de l’hôtel.
En compagnie du ministre des Sports, Attoumani Ali, et du représentant du ministère des Affaires étrangères, Mirhane Bourhane, le président du comité olympique comorien laissait échapper sa frustration. « L’ordre du jour de cette réunion n’a pas été respecté. Il n’a jamais été question de remise de drapeau aujourd’hui. De notre côté, nous n’assisterons pas à la réunion et nous regagnons notre pays aujourd’hui. Nous alerterons notre gouvernement sur ce passage en force qui aura des conséquences. À mon avis, il aurait fallu attendre la fin des travaux pour effectuer cette remise de drapeau. »
De son côté, Attoumani Ali évoque « une violation de la Charte des Jeux de façon masquée. » Tout en s’élevant contre cette initiative, il n’a pas hésité à tirer à boulets rouges contre le Réunionnais Jean-François Beaulieu, secrétaire du Cij, et Philippe Hao Thyn Voon, allant même jusqu’à accuser ce dernier « d’avoir pris le Cij en otage. »
Toujours est-il que les dirigeants comoriens ne comptent toujours pas lâcher prise dans cette quête d’organiser les JIOI en 2019. « Cela ne stoppera pas notre élan. L’Arabie Saoudite, la Chine et d’autres partenaires nous ont apporté leur soutien pour la construction des infrastructures. Nous sommes définitivement capables d’organiser cette compétition. » Ils mettent également en avant le fait que l’autre candidat pour l’organisation était les Maldives, et non Maurice.
Pourtant, rien ne laissait présager un tel scénario si on tient en considération la chaude allocade entre Ibrahim Ben Ali et Philippe Hao Thyn Voon avant le coup d’envoi de la cérémonie protocolaire. Reste que ce dernier n’a pas apprécié la prise de position de la partie comorienne. « C’est grave. Cette remise de drapeau doit être respectée. Toutefois, Ben Ali est un habitué des walk-outs. »
Cet incident n’a toutefois pas bouleversé la cérémonie protocolaire au cours de laquelle le président du Cij a souligné que « Maurice est entrée de plain-pied dans l’organisation des JIOI de 2019. » Tout en s’attendant à un « formidable travail » du comité organisateur, il a dit son espoir de voir des « Jeux inoubliables. »
De son côté, Yogida Sawmynaden, qui a indiqué que les JIOI fêteront leurs 40 ans en 2019, s’est appesanti sur le fait que cette manifestation « renforcera l’amitié indocéanique et aplanit les différends », tout en constituant « un tremplin et une vitrine pour les pays de la région. » Dans cette optique, il a avancé que le Coji prendra en charge le troisième délégué de toute délégation.