La délégation mauricienne a foulé la piste de l’aéroport de Plaisance hier avec quelques minutes de retard. Il n’empêche que cela n’a pas privé les parents et amis des athlètes, ainsi que les supporters du Club Maurice de la joie de voir défiler leurs héros des Jeux. Une occasion de saluer les athlètes et de les remercier pour leurs performances pendant ces 10 jours aux Seychelles.
Ravannes, djembés, trompettes, tout était réuni pour que l’accueil réservé à la délégation mauricienne soit chaleureux. Il faut dire que le mot d’ordre était clair : faire le plus de bruit pour montrer aux athlètes que leurs exploits ont été suivis et appréciés par la population.
L’avion, qui a atterri avec quelques minutes de retard, a lui aussi été accueilli dans un flot de hourras. À 16h50, les loups de mer Fabrice Leclézio et son camarade Fabrice Ramet sont les premiers à émerger de l’aérogare. Ils sont applaudis par la foule.
Puis, les athlètes sortiront par petits groupes accueillis par Freddy Mercury et son hymne aux champions, We Are The Champions. Mais derrière, le ministre Ritoo rameute ses troupes. C’est qu’il veut accompagner les athlètes jusqu’au bout de l’aventure, commencée il y a dix jours aux Seychelles. Après un passage parmi le fan club du Club Maurice, les premières interviews. Et hop ! On repart dans les bilans.
Philippe Hao Thyn Voon, président du Comité national olympique mauricien (CNOM), parle d’une prise de conscience afin d’éviter encore une fois le naufrage. « Avec 38 médailles, c’est assez bien. Mais s’il n’y avait pas tant de maldonnes, c’est sûr, on aurait franchi la barre des 50 médailles d’or. » Pour le président du CNOM, il s’agit maintenant de planifier les Jeux de 2015 pour éviter de couler. « Il faudrait l’institution d’un comité des sages indépendant pour plancher sur des questions prioritaires. »
Yannick Lincoln, capitaine masculin du Club Maurice, avance lui que les fédérations devraient faire leur mea culpa. « Pour les fédérations qui ont été performantes, il y a matière à satisfaction. Mais pour les autres, il faudra se recentrer et se poser les bonnes questions. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas s’endormir sur nos lauriers », analyse Lincoln, double médaillé d’or en cyclisme.
Bruno Julie, porte-drapeau de la délégation, garde un goût amer dans la bouche et un mauvais souvenir de ces Jeux. « J’ai toujours dit que la boxe a progressé, mais pas l’arbitrage. On a vu que ce sont les arbitres qui ont tout fait capoter. Même le judo y est passé. Si on gagne au clair, il n’y a rien de grave. Mais là, on n’est pas près d’oublier ça », lâche Bruno Julie.
Mais pourtant, malgré la troisième place de Maurice au classement des médailles, le ministre de la Jeunesse et des Sports, voit le verre à moitié rempli. « 38 médailles d’or, ce n’est pas 50. Mais si on voit le nombre de médailles d’argent (66), on réalise qu’il nous a manqué un cheveu pour terminer premiers. »
Mais Devanand Ritoo prévient. « Certaines fédérations auront des comptes à rendre et faire plus d’efforts à l’avenir. » Un petit mot pour les footballeurs, finalistes malheureux ? « On a vu une jolie finale. On a été dans tous les coups. Mais dans l’ensemble, c’était une belle équipe. »
Quant à Bernadette Ravina, capitaine féminine du Club Maurice, elle retiendra, pour ses derniers JIOI, la camaraderie qui a prévalu au sein de l’équipe. « Elles se sont toutes surpassées. Ce qu’on a vu est allé au-delà du sport. J’ai une pensée spéciale pour Antoinette Milazar qui, étant maman et athlète, a démontré un grand courage. Un petit regret, par contre, avec la médaille d’argent de Mary-Jane Vincent au 100 m. C’est marquant. »
Après l’arrivée, le défilé vers le Plaza où, malheureusement, la plupart des athlètes n’ont pas participé au rassemblement organisé en leur honneur.