Les Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI), qui prennent fin ce week-end, auront été au-delà de nos espérances. Ils ont en effet constitué une célébration de l’amitié interîles, en sus de créer l’adhésion nationale derrière nos athlètes aux couleurs du drapeau national. Plus encore, « kouler finn me- lanze », comme dit si bien le sega. La population, d’un seul élan, a soutenu tous les athlètes mauriciens, qui étaient représentatifs dans leur ensemble de la population mau- ricienne et rodriguaise. Félicitations à tous ces athlètes, aussi bien à ceux ayant remporté des médailles qu’à ceux n’ayant rien obtenu, mais qui, tous, auront mobilisé notre attention durant la semaine.

Une pensée spéciale pour les représentants mauriciens qui ont fait la fierté du pays. Ils ont travaillé pendant des années dans l’ombre, loin des feux des projecteurs, avec discipline et assiduité. Les JIOI leur ont permis de révéler leur talent au grand jour. Les JIOI sont à chaque fois un grand moment de vivre-ensemble et de patriotisme. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les activités dans la capitale ont tourné au ralenti tout au long de la semaine et que la circulation dans les rues portlouisiennes aura été plutôt fluide. La majorité de personnes était soit dans les stades et les centres sportifs, soit devant leur poste de télévision pour suivre les rencontres avec parents et amis.

Ce sera naturellement le cas cet après-midi pour la rencontre de football entre Maurice et La Réunion. Ale Moris ! Certes, il y aura des sceptiques. Ceux qui croient que ce n’est qu’un “feel good factor” passager et que la politique et son pouvoir divisionniste reprendront vite le dessus. Mais restons optimistes. Avec Pascal Boniface, géopoliticien, directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), auteur de plusieurs livres sur le football, et qui a développé le concept de géopolitique du sport, recon- naissons que le football et le sport en général « apportent des moyens puissants de lutte contre le racisme » et, par extension, le communalisme. De fait, on admire un joueur quelle que soit sa couleur de peau, sa nationalité, sa communauté ou sa religion. Même s’il n’est pas parfait, le sport est un instrument de fraternité et de rassemblement amenant beau- coup de liens sociaux et de “vouloir-vivre-ensemble”.

C’est pourquoi le gouvernement et les fédérations sportives doivent continuer à mettre en valeur le sport en continuant à doter le pays d’infrastructures sportives et d’une formation sportive, sans toutefois négliger bien sûr la culture et l’éducation. D’ailleurs, l’un n’empêche pas l’autre. Pour preuve, Bernard Baptiste, champion des JIOI 2019 en lancement du poids, a bien réussi à faire ses études de médecine. Cependant, alors que les Mauriciens étaient occupés à compter les médailles obtenues par nos sportifs, le pays, lui, était attaqué au flanc par une violente attaque venant de journalistes de l’ICIJ à partir de documents obtenus, semble-t-il, par pur hasard, ou, comme le soutiennent les autorités gouvernementales et privées, par des moyens illégaux.

Les autorités gouvernementales ainsi que les opérateurs économiques, de même que Rama Sithanen dans une interview publiée dans Le Mauricien aujourd’hui, donnent à ces journalistes une réponse cinglante, les accusant de vouloir ternir la réputation de Maurice en tirant des conclusions infondées et incorrectes. Le pire, à notre avis, c’est l’arrogance et la condescendance dont auront fait preuve ces journalistes envers le pays. Le ton est celui adopté par les colonisateurs et ceux qui pensent être des êtres supé- rieurs. Du haut de leur arrogance, ils s’étonnent qu’une « small island off Africa’s east coast », située à 9 000 km des grands centres financiers, puisse accueillir des opérateurs européens dans son centre financier. Pour eux, ce ne peut être que douteux. Pourtant, quelque 64 pays, dont des pays européens, ont le même système que nous. Savent-ils que cette petite île, qui dispose d’une zone maritime de plus de deux millions de kilomètres carrés, vient d’obtenir le soutien de 116 pays à l’Assemblée générale des Nations Unies, rassemblant notamment tous les pays africains ? Est-ce cette solidarité internationale et africaine qui les gêne ? La vigilance est de mise !