La dernière médaille de la sélection féminine remonte à 2011

À un an des 10es JIOI, la présélection féminine prend ses marques. Par contre, la question se pose quant à l’état de forme d’éléments privés de compétition depuis plus d’un an. Mais le DTN, le Serbe Ivan Smiljanic, appelé en renfort, promet de ne pas se laisser impressionner par les adversaires, même s’il y a de quoi s’inquiéter…

D’abord, il faut comprendre le contexte. Les éléments féminins sont sevrés de compétitions depuis plus d’un an, à l’exception d’une courte campagne en Republic Cup. « C’est un fait », reconnaît le Serbe. Pourtant, il voit un peu plus loin qu’un manque de temps de jeu. « J’ai vu les filles à l’entraînement et je note des progrès. » Sauf que cette marge devient difficilement quantifiable au vu de l’absence d’enjeu. Un scénario similaire à celui que présentent les garçons. « Ils partent avec l’avantage de la compétition. Le problème réside dans le niveau, avec une disparité entre les équipes », analyse Smiljanic.

Donc, le temps de jeu — s’il a une importance relative — n’entre pas en ligne de compte au moment de mettre sur pied le groupe final. « Depuis un mois, j’ai vu le progrès effectué par les filles. Ce sera un des critères. » Ce qui lui fait dire que les places vaudront cher au moment de dévoiler les douze élues. « Il faudra prendre en compte l’attitude, l’état d’esprit, le mental. C’est un tout et nous devons mettre tous les atouts de notre côté pour parvenir à notre objectif. »

Justement, quel est-il ? « La finale. » Rien que ça. Contre des adversaires autrement plus aguerries, quelles sont les cartes dont Maurice doit disposer au moment de fouler le parquet ? « C’est difficile à dire, mais en premier lieu, il faut que les leaders se dégagent. J’ai vu quelques matches des garçons et je n’en ai vu aucun », explique Ivan Smiljanic. Alors, le groupe se construit peu à peu autour de joueuses d’expérience, à l’instar de Loreen Davy, Corinne Somauroo ou Caroline Adeline. Elles comptent à elles trois, et si elles sont alignées l’année prochaine, 13 Jeux à leur actif. De quoi apporter de l’eau au moulin. Reste à savoir qui émergera comme le leader d’un groupe qui peut parfois séduire, mais aussi prendre l’eau en cas de mauvaise préparation.

C’est donc la raison pour laquelle Ivan Smiljanic a mis sur pied un programme spécifique. « Il leur faut les bonnes séances d’entraînement, de manière quotidienne. » Il a déjà une petite idée de ce qu’il voudrait faire. Il a vu les filles à l’œuvre. L’occasion d’étudier le groupe, puis de travailler sur les points essentiels à sa cohésion. « We need a high-level attitude », martèle le technicien serbe. Entendez par là qu’il sera exigeant et qu’il s’attend que tout le monde fasse un effort. « Les engagements en sélection nationale ne sont pas semblables à ceux en clubs », poursuit-il.

Mais au-delà de la simple apparition sur le parquet du gymnase de Phœnix, il s’agit de garder en tête que décrocher une médaille est possible. « Pour cela, il nous faut les meilleures individualités au service d’un collectif. Ce n’est que comme ça que nous pourrons obtenir le meilleur résultat. » Est-ce à dire que les choses ne sont pas aussi noires qu’elles n’y paraissent ? Dans les faits, peut-être. « Il y a du potentiel dans ce groupe. Il suffit juste que tout soit en place. »

En outre, les Mauriciennes doivent éviter de penser à des adversaires qui se préparent dans une certaine sérénité. « Pour la petite histoire, La Réunion a un championnat compétitif, Madagascar aussi », explique une joueuse, sous le couvert de l’anonymat. Ivan Smiljanic temporise. « On n’a pas besoin de savoir ce que font nos adversaires. On veut se concentrer sur ce que nous savons faire et apprendre à le faire du mieux que nous pouvons. »

Une autre façon de dire que les îles voisines n’intéressent pas le clan mauricien ? Pas vraiment. « On préfère se focaliser sur notre préparation plutôt que de perdre de l’énergie à surveiller nos adversaires, ou à regretter ce qui s’est passé avant. » Mais plus que cela, le clan mauricien s’attelle à ne pas sombrer. La médaille est possible. Reste à savoir de quelle couleur elle sera…

Aux derniers Jeux
Bredouille…
La sélection féminine de basket-ball est rentrée bredouille de sa campagne réunionnaise en 2015. Non pas qu’une médaille relevait de l’exploit. Mais il aurait fallu que tous les éléments soient réunis. Comme les garçons, les filles ont souvent buté sur des obstacles parfois à leur portée. Les Réunionnaises ont pour la première fois pris le dessus sur les Malgaches, alors que les Mahoraises sont montées sur le podium. Maurice ne terminait même pas au pied du podium, laissant cette place aux Seychelles.

Les joueuses clés
Vony Chérubin
C’est la joueuse de l’USBBRH. Au four et au moulin avec son club, elle est devenue incontournable dans l’effectif de l’USBBRH, et devient petit à petit une plaque tournante dans le groupe mauricien. Seul hic : elle joue avec les Malgaches lors des test-matches, alors que le camp mauricien est toujours à la recherche de ses automatismes.

Corinne Marguerite
Ailière ou pivot. Ivan Smiljanic et Désiré Numa peuvent choisir dans quel registre faire évoluer Corinne Marguerite. C’est d’ailleurs ce qui fait sa force. Tournant à près de 30 points par match, elle s’impose par sa taille athlétique et son style de jeu, porté vers l’attaque. Elle pourrait être l’une des certitudes du groupe.

Loreen Davy
La meneuse de BBRH-Hoop possède l’expérience voulue à ce niveau. Véritable métronome au sein de son club, elle a su se démarquer par son positionnement sur le terrain et sa lecture du jeu. Avec Julie Laplanche, l’autre meneuse, le duo se pose comme l’un des meilleurs à ce poste à Maurice.

Corinne Somauroo
Sans doute la joueuse la plus expérimentée du groupe. Cinq JIOI au compteur, si elle enfile encore le maillot l’année prochaine. Toujours est-il qu’elle allie puissance et technique, et peut peser de tout son poids sur la rencontre. Est-ce que ce sera suffisant cette fois ?

Anoushka Josselin
Ailière vive et rapide, capable de marquer au-delà de la ligne des trois points. Anoushka Josselin fait son petit bonhomme de chemin et est désormais considérée comme un élément majeur du cinq de Maurice. Il lui faut désormais s’affirmer comme tel et prouver qu’elle peut être un atout.

La présélection
Tiphanie Andine, Corinne Somauroo, Émilie Permal, Corinne Marguerite, Vonimanitra Chérubin, Kate Soucient, Caroline Legrand, Julie Jacques, Nastazia Saint Martin, Caroline Adeline, Alisha Chundunsing, Kelly Webb, Loreen Davy, Joanna Robette, Sandrine Appadoo, Mishma Caullychurn