La sélection féminine de football s’en va aux JIOI 2015 avec l’intention de prouver qu’elle a sa place dans la région indianocéanique. Une quête d’identité pour un groupe à la recherche de repères pour sa première participation à une compétition de cette envergure, alors même que les choses ne se sont pas passées comme l’aurait souhaité l’encadrement technique.
À une semaine de son entrée en action face à Madagascar, quel visage présente la sélection féminine ? À en croire le sélectionneur Alain Happe, tout passera par le premier match. « Je prévois un gros match contre Madagascar ». Au moins, le message est clair : les filles savent ce qui les attend. Pour une équipe qui a effectué toute sa préparation à Maurice depuis sa mise sur pied, les choses pourraient bien tourner à leur désavantage.
En face, La Réunion a effectué une tournée en France, ponctuée de quelques résultats probants. Il y a quelques mois, l’entraîneur déplorait les moyens — ou plutôt l’absence de moyens — à la disposition de l’équipe. « C’est comme pour les garçons. Pour aller jouer ailleurs ou pour recevoir une équipe, il faut des moyens financiers », rappelait-il.
Mais cela ne veut pas dire que les filles n’ont pas été préparées pour le rendez-vous. Dans un premier temps, elles ont joué contre des sélections masculines de moins de 20 ans et de vétérans. Ensuite, le championnat local leur a permis de se situer par rapport à leur condition, pour finalement culminer avec des regroupements réguliers de la présélection.
Il y a cependant de grandes inconnues pour le camp mauricien. En premier, les adversaires. Aucune — ou très peu — d’informations n’a filtré jusqu’ici sur Madagascar et les Comores. La Réunion a, par contre, été plus visible.
De quelles armes dispose Maurice ? « Elles sont quelques-unes à avoir de l’expérience internationale », lâche Alain Happe. Le premier nom qui vient à l’esprit est celui de Martine Kelly, mais elle n’est pas la seule. Alain Happe a en effet construit son groupe autour d’un noyau dur de joueuses d’expérience, à l’image de la capitaine, Anaëlle Rassoie, qui a déjà été présente aux Jeux de la CJSOI en 2008 aux Seychelles. Mais elle a aussi rencontré une sélection de La Réunion en 2012, lors d’un match amical.
Cela dit, la confiance placée dans le groupe ne semble pas apporter de la pression supplémentaire. « L’objectif est bien de montrer qu’on est là, vu que nous n’avons aucun repère international ». Un état de choses qui ne décourage pas pour autant l’entraîneur.
Même si l’équipe a des lacunes, il veut surtout voir le bon côté des choses. « Cette équipe a aussi des qualités. On s’appuiera dessus pour nous montrer ». Sauf que,pour l’instant, il faudra s’attendre à une farouche opposition. « Il n’y aura aucun match facile. Il faudra se battre sur chaque rencontre ».
Il se base sur le feeling pour affirmer que l’équipe fera de son mieux en terre réunionnaise. « Il ne fait pas de doute que l’équipe a envie de faire quelque chose ». D’ailleurs, ils sont nombreux à voir la sélection féminine avec l’or autour du cou.
Malgré tout l’optimisme affiché, Alain Happe se veut prudent. La sélection féminine n’ayant aucun match dans les jambes, la question du rythme et du niveau se pose toujours. « C’est un fait, tôt ou tard, on sera rattrapés par le niveau. Ce n’est que quand on sera là-bas qu’on sera fixés ».
D’ailleurs, le calendrier de rencontres a été modifié sans aucune raison. Alors que Maurice devait disputer son premier match face à La Réunion, le Comité d’organisation a décidé que la première sortie des Mauriciennes serait contre les Malgaches, les autres favorites de la poule B. Un premier test qui dira si Maurice pourra aller au bout de l’effort.