Le Comité régional olympique et sportif (Cros) de la Réunion a posé une bombe hier en menaçant de quitter les Jeux des îles. La crise de gouvernance est profonde et l’événement est en péril. À la base, cet épineux article 7 de la Charte des Jeux adopté par le Conseil international des Jeux (Cij) le mois dernier et qui définit les critères de sélection d’un Réunionnais ou d’un Mahorais inscrit aux Jeux, dont la prochaine édition sera organisée à Maurice en 2019.
Le malaise était palpable il y a deux ans, quand le drapeau des Jeux des îles a été plié à Saint-Paul pour prendre la direction de Maurice en attendant 2019. La belle idée de réunir les peuples indianocéaniques sous l’impulsion de la Réunion en 1979 semblait avoir vécu. D’autres considérations — politiques en l’occurrence — avaient pris le dessus, après que Mayotte eut défilé sous le drapeau français lors de la cérémonie d’ouverture, provoquant la colère et le départ des Comores avant même la première compétition.
S’en étaient suivis des 9es JIOI bouclés tant bien que mal, où le sport et la fête avaient été éclipsés, tout comme les drapeaux et les hymnes. Une solution d’urgence qui avait fait une large place aux compromis. La question de la représentation de Mayotte n’a toujours pas été tranchée. Mais c’est d’un autre foyer qu’est venu un nouvel incendie hier, mettant en lumière encore une fois un problème de gouvernance.
Le serpent de mer, ou de l’océan Indien, est ressorti sous les traits du Comité régional olympique et sportif (Cros) réunionnais. Une institution chapeautant tous les mouvements sportifs de l’île d’ordinaire mesurée et réservée dans ses prises de position qui a décidé, en accord avec les présidents de Ligue des sports choisis aux Jeux (voir par ailleurs), de claquer la porte du Cij, sorte de CIO de la zone qui régit les Jeux des îles en élaborant notamment sa charte. Un règlement commun dont toute modification est très sensible. Le point de crispation s’est cette fois porté sur l’article 7, alinéa 2, qui définit les critères de sélection d’un Réunionnais ou d’un Mahorais inscrit aux Jeux.