La délégation réunionnaise devrait comprendre 339 membres aux JIOI l’année prochaine

« Vers un club Réunion low cost », ou encore « La délégation réunionnaise navigue à vue » : tels sont les titres de la presse réunionnaise dans l’optique de la participation de l’île sœur aux prochains Jeux des îles. Il demeure un fait que La Réunion fait face à un énorme problème financier. Et ce, même si le Comité régional olympique et sportif (Cros) a obtenu la garantie d’un budget de 600 000 euros pour le fonctionnement du Club Réunion comprenant les billets d’avion, l’hébergement, les tenues vestimentaires et le suivi médical.

Une baisse de 30% des subventions par rapport aux derniers Jeux des îles tenus en 2015 est d’actualité. Cela fait suite à la décision du gouvernement français en début d’année de majorer une partie des subventions du Centre national pour le développement du sport (CNDS) allouées aux associations sportives, tout en annonçant la réduction des contrats et la suppression des aides pour l’accès au sport de haut niveau. « Depuis que je m’occupe des Jeux, c’est la première fois que nous nous trouvons autant en difficulté », révélait Véronique Lagourgue, responsable de la délégation. De son côté, Monique Cathala, présidente du Cros, avait dirigé une réunion avec les représentants des disciplines au programme des JIOI. Selon les dernières informations, cette délégation ne devrait comprendre que 339 membres, dont 281 sportifs.

Les dirigeants du Cros (Thierry Grimaud, Monique Cathala et Adolphe Pépin) discutant avec Mubarak Boodhun, chef de cabinet au MJS, lors de la dernière réunion du CIJ en février dernier

Cette baisse de subventions place les différentes fédérations concernées par les JIOI dans une situation délicate, notamment au niveau de la préparation des athlètes, des indemnités pour les entraîneurs, des frais d’arbitres, de la venue des sportifs évoluant en France et des rassemblements. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’une interpellation à l’Assemblée nationale à l’adresse de Laura Flessel, alors ministre française des Sports, par la sénatrice Viviane Malet. Cette interpellation portait également sur l’aide spécifique apportée par l’État au budget des Jeux. De son côté, Johan Guillou, président de la ligue réunionnaise de basket-ball, avait fait état de la situation de sa discipline au Journal de l’île vers la fin du mois dernier. « Le basket-ball avait bénéficié de 40 000 euros en 2015 et nous nous retrouverons avec 27 000 ou 28 000 euros cette fois. C’est une somme que nous touchons généralement en avril, alors que nous sommes pratiquement en septembre. »

Pessimisme

Devant une telle situation, le collectif Prézisports a vu le jour et comprend les responsables de treize ligues et comités qui comptent interpeller l’État sur l’avenir du sport réunionnais. Ce collectif, institué suite à une concertation entre Johan Guillou et Yves Éthève, président de la Ligue de football, s’est donc donné pour mission de porter la parole du mouvement sportif réunionnais au-delà de ses frontières et d’en défendre les intérêts. Il a ainsi profité de la tournée entamée dans les Dom-Tom par le comité d’organisation des Jeux Olympiques 2024 pour interpeller Thierry Terret, le délégué ministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques, et lui transmettre un message.

Ce message adressé à Laura Flessel se trouvait une demande d’aide de l’État dans le cadre des JIOI et également un cri d’alarme sur les conséquences des décisions prises par le gouvernement sur le sport réunionnais. « On vient faire la promotion des JO 2024 à La Réunion en allant inculquer les valeurs de l’olympisme à la jeunesse, et de l’autre côté, on coupe de façon drastique dans les finances de ceux qui sont chargés de réaliser les rêves de ces gamins », déplorait Johan Guillou. Et d’ajouter : « Quand il n’y a plus d’argent dans les caisses, c’est toujours dans le sport que l’on se sert. Sauf que là, il n’y a déjà plus rien. »

Au bout du compte, c’est le pessimisme le plus complet qui règne au niveau des dirigeants réunionnais, surtout si on s’en tient aux propos de Johan Guillou. « Pour moi, ce sont les derniers Jeux des îŽles. Vu la conjoncture actuelle, je ne vois pas comment l’on pourrait financer ceux de 2023 alors que l’on n’arrive déjà pas à trouver les fonds pour 2019. À moins que la France ne soit redevenue riche entre-temps, je ne vois pas comment on pourrait faire. Je pense que les choses vont empirer. »

Néanmoins, malgré toutes ces préoccupations, le Club Réunion prévoit trois rassemblements, dont le dernier probablement le 14 juillet de l’année prochaine. Et ce, en vue de créer l’engouement dans l’optique des Jeux.