Les dés sont désormais jetés. Les 10es Jeux des Iles en 2019 auront lieu à Maurice et non aux Comores, contrairement à ce que tout laissait croire après que le 9 août dernier, le drapeau du CIJ avait été remis au président du Comité Olympique Comorien par celui du Conseil International des Jeux (CIJ) à l’issue de la cérémonie de clôture au stade de St-Pierre. Mardi, comme c’était attendu, l’organisation des 10es Jeux a été retirée des Comores sur la base que ce pays n’est pas parvenu à convaincre les membres du CIJ de la fiabilité de son projet.
C’était annoncé comme une réunion cruciale pour les Comores. En contrepartie, ces derniers savaient qu’ils allaient être dans la nécessité, voire dans l’obligation d’abattre leur dernière carte dans le seul but de confirmer cette décision du CIJ pris le 8 août dernier, 24 heures avant la fermeture des 9es JIOI à La Réunion. Le Comité Olympique et Sports des Iles Comores (COSIC), avec à sa tête le vieux routier qu’est Ibrahim Ben Ali, avait décidé de faire de la résistance, malgré qu’au fond d’eux-mêmes, ils savaient que le CIJ ne leur fera pas de cadeau.  Ibrahim Ben Ali avait mis les petits plats dans les grands et, cerise sur le gâteau, la présence du ministre comorien de la Jeunesse et des Sports, Ali Attoumani, était annoncé comme la présidence d’un ingénieur pour «expliquer le projet comorien.» aux membres du CIJ.
Sauf que celui qui devait garantir aux membres du CIJ le soutien de l’Etat comorien au projet du COSIC a fait faux bond. Une affaire de retard d’avion fait qu’au lieu d’être présent à l’ouverture de la réunion du CIJ mardi dernier au Best Western Hôtel à St-Denis, sa présence était prévue pour l’après-midi. Sauf qu’une fois encore la réunion du CIJ devait prendre fin à l’heure où devait arriver Ali Attoumani en raison du départ à 15h des Seychellois et à 16h pour les Malgaches.
La moitié de l’agenda examinée
Du reste, la moitié de l’agenda du CIJ n’a pas été prise en considération mardi dernier où seule la décision de confier les Jeux à Maurice a été prise à l’unanimité après qu’un vote secret fait que le CIJ n’a pas donné sa confiance aux Comores. A la question: est-ce que le CIJ confie l’organisation des Jeux des Iles de 2019 aux Comores, le NON l’a remporté à l’uanimité nous précise le président du CIJ, notre compatriote Philippe Hao Thyn Voon. Ce dernier, d’entrée, explique que cette fois son comité a agi en toute conscience et en toute responsabilité.
«Le CIJ est une instance sportive et apolitique. Le CIJ s’est montré responsable dans ce dossier et nous n’avons pas attendu une année pour prendre une décision comme en 1998. Notre rôle c’est avant tout d’assurer la pérennité des Jeux et la façon dont les Comores ont agi comme si l’organisation leur avait été confiée n’a pas rassuré les membres du CIJ qui ont pris la décision qui s’imposait», a soutenu Philippe Hao Thyn Voon.
Ce dernier explique qu’effectivement, Ibrahim Ben Ali était venu avec un ingénieur pour expliquer son projet tant de façon verbale que sur Power Point. «Sauf que les membres du CIJ ont vite constaté que le projet reposait sur rien de concret. Aucune construction n’avait commencé malgré les promesses faites par Ben Ali. Les membres du CIJ ont effectué deux visites dans l’île pour un constat de visu. A chaque fois, nous avons constaté des changements sur les sites annoncés au départ. C’est le cas pour le Village des Jeux, où à notre première visite, il était question de construire un tout neuf. A notre 2e visite, on nous a montré un Lycée qui sera transformé en Village des Jeux. Nous avons le devoir d’agir en responsable et de prendre des décisions sur les faits», lâche le président du CIJ.
Le CIJ généreux
Selon les informations, il revient que la décision d’organiser cette réunion du CIJ le 20 octobre fut prise sur la base que le gouvernement des Comores allait prendre une décision importante sur l’organisation des Jeux le 15 octobre lors  d’une séance parlementaire. «Le CIJ a été très généreux envers le Comores en proposant d’organiser notre réunion 5 jours après la rencontre de l’Etat des Comores. Mais lorsque nous avons posé la question où était le soutien de l’Etat, Ben Ali a rétorqué que son ministre des Sports arrivera lorsque la réunion du CIJ aurait déjà terminé», soutient Philippe Hao Thyn Voon.
C’est ainsi que après le vote des membres du CIJ en défaveur des Comores, le CIJ s’est tourné vers Ram Lollchand et représentant de l’État mauricien à cette réunion pour savoir si notre île allait prendre le relais. Après une conversation téléphonique — comme nous l’avions mentionné dans notre précédente édition — entre le Directeur des Sports et le ministre Sawmynaden, Maurice a confié qu’il était prêt à organiser les Jeux de 2019.
Maintenant que la décision a été prise, il fallait effectivement s’attendre à une réaction de la part des Comores qui définitivement a mal pris la décision. «Je ne réponds qu’à une chose sur cette situation. Le CIJ ne fait pas de la politique.», a renchéri Philippe Hao Thyn Voon qui, par la force des choses, va devoir quitter son poste de président du CIJ en vertu de la Charte des Jeux qui n’autorise aucun président de la nationalité où les Jeux sont organisés.
A compter d’aujourd’hui et  en vertu de la Charte des Jeux, Maurice dispose de six mois pour mettre en place un Comité d’Organisation, trouvé un président et élabore une première ébauche du projet JIOI 2019. Il va sans dire qu’une première réunion du CIJ pré-10es JIOI doit se tenir vers la fin de février-début mars pour respecter la Charte des Jeux.