Apres les compétitions vient toujours l’heure du bilan. Il en a était question mercredi dernier lors d’une rencontre entre le ministre de la Jeunesse et des Sports, soutenu par ses cadres et les présidents et entraîneurs des sept fédérations présentes aux Jeux Olympiques des Londres. Cette réunion qui s’est déroulée dans une ambiance collégiale et bon enfant a surtout permis l’éclosion d’une question d’importance capitale et un constat général. La question est celle-ci : comment identifié et encadré l’élite du sport mauricien en vue des 31e Jeux Olympiques dans 4 ans à Rio ? Alors que la résolution est : ne plus limité nos ambitions sportives aux seuls Jeux des Iles. Si l’évidence saute aux yeux qu’il faudra investir massivement, il n’empêche que cette préparation ne pourra se faire à Maurice. L’optique des centres d’entraînements internationaux, comme pour le judo, l’athlétisme et la boxe est sérieusement envisagée.
La franchise de Gungaram
Ceux présentes mercredi à cette réunion nommément Hervé Flore et Fabien Halbwachs (cyclisme), Bharrun Teeroovengadum (volley-ball), Vivian Gungaram, Eric Milazar et Anand Sukhraj (athlétisme), Rashid Jhurry et Joseph Moonawah  (judo), Philippe Pascal (natation), Godavarisingh Rajcoomar, Jean Claude Nagloo et Judex Bazile (boxe) et Désiré Charles (triathlon) ont toujours concédé que le niveau de nos sportifs sont loin  de ceux qui étaient en action à Londres. Surtout en ce qui concerne les sports chronométriques. C’est Vivian Gungaram, secrétaire de l’Association mauricienne d’Athlétisme (AMA), mais aussi secrétaire général du Comité National Olympique (COM) de jeter un pavé dans la mare et les tâches provoquées seront encore présentes si d’ici RIO 2016 rien de concret et de tangible n’est fait.
 « Si un athlète, que ce soit en athlétisme ou en natation, n’a pas fait les minimas avant de se rendre aux JO il est quasiment impossible pour lui d’être dans un finale olympique. Stéphan Buckland et Eric Milazar ont réussi des finales olympiques pour la bonne et simple raison qu’ils étaient dans le Top 10 et Top 16 dans le classement mondial de l’IAAF. Il n’y a pas de recette miracle, il faut être à ce niveau pour espérer une finale olympique », a-t-il d’emblée lâché. La franchise de  Vivian Gungaram a sans aucun doute délié certaines langues, puisque Jean-Claude Nagloo le directeur technique nationale est allé jusqu’à confesser que le niveau de la boxe stagne et les choses n’ont pas marché pour Richarno Colin à Londres c’est parce qu’il y a eu trop de d’espaces vides dans sa préparation avant les JO.
Nagloo : pas de miracle, mais le travail
« Si Bruno Julie a gagné une médaille aux JO de Beijing il n’y a aucun miracle ni de surprise. Bruno s’est entraîné pendant 4 ans sans relâche. Il n’a pas eu d’espaces vides dans ses entraînements et nous avons même réussi à faire un stage de trois mois en Tunisie. C’est dire qu’il y a eu un gros travail avant qu’il ne remporte cette médaille. Or dans le cas de Colin, nous n’avons pas eu les mêmes opportunités. Les stages que la confédération africaine avait promis ne sont jamais arrivés et en plus l’Inde qui nous avait bien aidé en 2008 n’a pas répondu présent cette fois. Cela a eu pour conséquence de créer des espaces dans la préparation et le stage à Cardiff nous a permis de rattraper le coup, mais pas assez», souligne encore le DTN.
Ce dernier juge donc la défaite de Colin en quart de finale des JO comme quelque chose de logique. «Dans la tête il y a quelque chose qui n’a pas marché chez Colin, car a chacune de ses reprises il disait qu’il ne sentait pas les choses comme il fallait », explique Jean-Claude Nagloo. Ce dernier a souhaité qu’en vue de RIO 2016 que la préparation de ses boxeurs soit dans la même ligné de celle de Bruno Julie en 2008. Un point sur lequel a aussi insisté le président de l’Association mauricienne de Boxe, Rajiv Rajcoomar qui a évoqué la nécessité  d’un budget spécial pour la préparation olympique. Reste que les faiblesses psychologiques de Richarno Colin, dans un moment aussi crucial de la compétition, voire de sa carrière démontre la nécessité d’un psychologue pour le Club Maurice au prochain JO . Avis aux intéressés…
Judo : la satisfaction, mais…
La satisfaction de ces JO est venue du judo par le biais de Christiane Legentil, qui a terminé à la 7e place dans la catégorie des 52 kg. Rashid Jhurry le président de la FMJ, devait lui dire que Christiane Legentil n’avait pas à rougir de ce qu’elle a réalisé. « Elle a suivi les consignes de l’entraîneur malheureusement à son deuxième match l’adversaire avait beaucoup plus d’expérience. Il y a encore beaucoup de travail à faire mais il y a une belle génération de judokate qui monte, je pense ici à Anabelle Laprovidence et Sarah Sylva. J’ai confiance en mon équipe et en notre potentiel », a-t-il soutenu.
Cependant Joseph Mounawah, l’entraîneur qui était présent à Londres est d’avis que le judo, après 12 ans de vache maigre a désormais les moyens humains pour réussir le rêve olympique. Toutefois a-t-il avancé le seul moyen pour réussir dans cette tâche se trouve dans des investissements à l’étranger. «Nous souhaitons que les filles qui se trouvent en France puissent rester sur des durée beaucoup plus longue et nous sommes en train de négocier avec l’Union Africaine et la Fédération Internationale pour que’on puisse intégrer  trois à quatre judokas dans un des centres africains. Il n’y a que de cette façon que nous pouvons progresser et aussi viser des podiums africains et olympiques », avance l’entraîneur.
Le DTN Philippe Pascal, qui fut privé des JO au profit d’un « touriste » partage le même avis que son prédécesseur  et a même évoqué la nécessité de mettre en place une politique d’élite. « Matthieu Marquet et Heather Arseth ont fait du mieux qu’ils pouvaient. Ils ont amélioré leur meilleur temps et les records de Maurice. En natation pour réussi run podium olympique il faudrait des heures et des heures de travail pour atteindre le niveau mondial ce qui n’est pas possible àMaurice. Le tissuesportif n’est pas assz compétitif  et nos nageurs sont obligés de s’entraîner en dehors du pays s’ils veulent avoir le niveau olympique. Il est primordial de créer un dynamique de groupe et de structurer la discpline » a-t-il ajouté. Le DTN devait au passage souligner que la réussite de la natation réunionnaise n’est pas un hasard parce que les nageurs ont pour objectif d’aller gagner dans les championnats de France, qui est une porte ouverte pour une place dans la sélection nationale. « Or à Maurice on nage un peu sans objectif, car même en Afrique notre niveau est loin  d’être parmi les meilleurs. Il faut donc structurer, mettre en place une politique et situer les objectifs. Mais plus important avoir une stabilité », a rappelé le technicien français.
Après Fabienne St-Louis, le déluge
Le président du triathlon a abondé dans le même sens et il est d’avis que l’objectif a été atteint et que la médaille était vraiment hors d’atteinte pour St Louis.  Désiré Charles a cependant révélé ses inquiétudes concernant la relève de Fabienne St Louis. Tiens, tiens …voilà le président de la Fédération de Triathlon qui concède officiellement que lui et son comité n’a rien fait durant ces 4 dernières années pour faire de la formation et assurer la relève au sein de cette discipline. Après Fabienne St-Louis ce sera donc le déluge… mais a qui a la faute M. Désiré Charles ? Une question à laquelle Week-End  aimerait bien avoir la réponse,  car il est un fait que la FMTri s’est contenté ces dernières années que des résultats de Fabienne St-Louis et se réveille brusquement aujourd’hui comme ce naufragé qui se retrouve en pleine mer sans bouée de sauvetage.
Cyclisme : professionnalisation nécessaire
« On a eu beaucoup de malchances avec ces deux crevaisons. C’est une déception et c’est vraiment frustrant de n’avoir pas pu donner le meilleur après tant de préparation. Cependant il faut positiver Aurélie a quand même réussi à se qualifier pour les JO », ces mots sont ceux de Fabien Halbwachs concernant la course de sa soeur à Londres. Selon lui, tant que la discipline n’est pas professionnalisée, il sera difficile d’atteindre le niveau mondial. Il a aussi affirmé qu’Aurélie Halbwachs a encore de belle année devant ellecar dans le cyclisme féminin le peak se situe entre 32 et 40 ans. «  Aurélie fera de son mieux pour être présente à Rio dans 4 ans », soutient-il.
Bharrun Teeroovengadum, le représentant de la fédération de volleyball n’a pas caché sa satisfaction concernant les exploits de Natacha Rigobert et Elodie Li Yuk Lo. Certes elles n’ont pas fait long feu dans la compétition, mais le fait de jouer contre les grosses pointure du beach volley tel que le Brésil, l’Allemagne et la République Tchèque est déjà un grand honneur pour Maurice. En ajoutant que « la discipline a grand besoin de stakeholders. Un athlète a besoin d’être accompagné tout au long de son parcours et non à la dernière minute. »
Ritoo :  «Tirer les leçons des échecs »
Tout au long des interventions des responsables des fédérations, le ministre de la Jeunesse et des Sports ont commenté les différents propos. Il est vrai de dire qu’il n’a pas caché sa satisfaction devant la performance des jeunes sportifs notamment celle de Christiane Legentil, bénéficiaire d’une bourse d’Etat et qui s’est fait remarquer à Londres et aussi des nageurs qui ont amélioré leurs meilleures marques. Devanand Rittoo est d’avis qu’il faut maintenant « essayer de faire le maximum pour améliorer les performances et tirer les leçons de nos échecs. On doit identifier nos lacunes et savoir pourquoi nous avons raté une médaille olympique. Je veux faire progresser le sport mauricien dans la bonne direction et atteindre le niveau mondial. »
Il n’a pas caché non plus sa déception – comme celle de toute la population de Maurice a-t-il précisé – devant le fait que Richarno Colin n’ait pas revenu avec une médaille de Londres, alors que c’est un athlète qui a tout obtenu pour sa préparation. «J’ai un sentiment  aigre-doux. Je suis déçu qu’on n’ait pas remporté de médaille lors de cette édition. Bruno Julie avait placé la barre très haute et j’aurais beaucoup apprécié si on avait réédité  un tel exploit mais l’essentiel c’est notre participation à un tel événement planétaire qui est déjà une belle chose en elle-même. »
Pour conclure le ministre a souhaité que les fédérations viennent très vite de l’avant avec un projet en vue de RIO 2016 basé sur deux points essentiel : l’identification et l’encadrement des athlètes susceptible de représenter Maurice dans 4 ans à RIO.
La longue marche olympique a-t-elle déjà commencé ?